Flash

Royaume-Uni: le marché du divertissement bat des records grâce au streaming

Le chiffre d’affaires du marché du divertissement britannique a atteint un niveau record en 2015. Cette performance s’explique par l’explosion des revenus du streaming musique et vidéo qui a plus que contrebalancé l’érosion des ventes physiques.

Le divertissement à un niveau record après une décennie de crise

L’Entertainment Retailers Association (ERA), l’association britannique des distributeurs de produits de divertissement, vient de publier des résultats 2015 historiques pour le marché du divertissement (musique, vidéo et jeu vidéo) au Royaume-Uni. Il a enregistré une croissance de 5,6% avec un chiffre d’affaires record de 6,12 milliards de livres. Les trois filières progressent : la musique (+3,5%), la vidéo (+1,5%) et le jeu vidéo (+10%).

Évolution du marché britannique du divertissement en 2015

a

Source : NPA Conseil sur données ERA

 Ce résultat marque la fin d’une décennie noire outre-Manche qui a vu une chute vertigineuse des revenus du divertissement entre 2004 et 2012. Le précédent record date de 2004 avec 6,04 milliards de livres de chiffre d’affaires. Depuis 2012, les revenus du divertissement ont renoué avec la croissance mais il a fallu attendre 2015 pour qu’ils dépassent enfin le niveau de 2004.

Le marché s’est complètement métamorphosé entre 2004 et 2015. Si en 2004, le physique représentait l’immense majorité des revenus, en 2015 le numérique génère plus de 60% des revenus alors que les ventes physiques ont une nouvelle fois décliné dans les trois principaux secteurs. Si le numérique s’affirme comme élément moteur, en 2015 c’est grâce à la performance du streaming qui assure désormais la croissance au Royaume-Uni.

Le streaming moteur de la croissance du divertissement

Dans la musique, la croissance du streaming est extrêmement forte et le nombre de titres consommés a augmenté de 82% en 2015 grâce à l’utilisation croissante de services comme Spotify ou Apple Music. Cette forte hausse du volume de consommation a permis une progression de plus de 50% des revenus des services de streaming alors que dans le même temps ceux du téléchargement ont chuté de 13%.

Néanmoins, le streaming est pour l’instant loin de générer des revenus comparables à ceux du marché physique qui n’a enregistré qu’une faible baisse en 2015.

Dans le domaine de la vidéo, le streaming a été le seul mode de consommation à progresser en 2015 avec des revenus qui dépassent désormais ceux des ventes physiques. En effet, ces dernières ont diminué de près de 15% en 2015 tandis que les revenus du téléchargement se sont effondrés de 28%. Ces fortes baisses ont été contrebalancées par la popularité croissante des services payants de streaming vidéo au Royaume-Uni. Les services de SVOD en particulier enregistrent d’excellentes performances. Netflix a ainsi dépassé la barre des 4 millions d’abonnés au Royaume-Uni au début de l’année 2015 tandis qu’Amazon Prime Instant en revendiquait plus d’1,2 million au premier trimestre. Cette popularité a permis au secteur du streaming vidéo de progresser de plus de 30% au cours de l’année et de dépasser pour la première fois le seuil du milliard de livres de chiffre d’affaires. Les revenus du streaming ont dépassé en 2015 ceux des ventes physiques et représentent 49% du chiffre d’affaires global de la vidéo. Cette croissance du streaming devrait se poursuivre avec des revenus qui devraient générer en 2016 plus de la moitié du chiffre d’affaires total de la vidéo.

Ventilation des revenus par mode de consommation de musique et de vidéo en 2015 au Royaume-Uni

a

NPA Conseil sur données ERA

image_pdfimage_print