Bouygues/Orange : un projet de rachat soumis au feu vert des autorités de régulation

Le 5 janvier dernier, Bouygues et Orange annonçaient avoir engagé des discussions préliminaires en vue d’un rapprochement. Si aucun calendrier n’est fixé ni aucun schéma prédéfini, l’annonce suscite déjà de nombreuses réactions.

 Du côté du gouvernement, la secrétaire d’Etat chargée du Numérique, Axelle Lemaire a affirmé qu’il est « important que l’Etat reste un actionnaire de référence aux côtés d’un industriel français », et exprimé son souhait que cela n’aboutisse pas à des retards d’investissement et que l’impact sur les tarifs soit le plus limité possible[1]. Le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, pour sa part, a insisté sur le fait que l’Etat sera attentif à « l’intérêt des consommateurs »[2]. L’opération est en effet porteuse d’enjeux forts, dont certains s’inquiètent. Ainsi, Patrick Chaize, Président de l’AVICCA, a écrit aux Présidents de l’Autorité de la Concurrence et de l’ARCEP au sujet de ces négociations[3].

Si ces discussions aboutissaient, le paysage des télécoms français passerait alors de 4 à 3 opérateurs, et confirmerait le mouvement de concentration actuellement connu par le secteur, auquel est peu favorable la nouvelle commissaire à la concurrence Margrethe Vestager[4].

[1] L’Opinion, 6 janvier 2016.

[2] L’Express, 6 janvier 2016.

[3] Communiqué de l’AVICCA. L’association considère que, dans l’hypothèse de sa réalisation, des mesures conservatoires devraient être prises pour assurer le passage à la fibre optique sur tout le territoire.

[4] En septembre, Bruxelles avait ainsi mis son veto à la fusion au Danemark de TeliaSonera et de Telenor, une opération qui aurait fait passer le marché de quatre à trois opérateurs.