Rachat de Newen par TF1 : pas d’effets négatifs sur les marchés des droits des programmes télévisuels

Jeudi dernier, l’Autorité de la concurrence a annoncé avoir donné son autorisation à la prise de contrôle conjoint du groupe de production Newen par sa maison mère FIFL et TF1. Cette autorisation n’est assortie d’aucune condition[1].

Grâce à ce rapprochement, TF1 va pouvoir diversifier ses activités en constituant un nouveau pôle d’activités en amont de la chaîne de valeur (intégration verticale). De son côté, FIFL s’assurera des sources de financement pérennes pour poursuivre le développement de nouveaux programmes et permettre leur diffusion à l’étranger. L’Autorité considère que cette opération « s’inscrit dans un contexte global de concentration du secteur, qui voit la consolidation de sociétés de production, voire leur adossement à de grands groupes audiovisuels ».  Sur ce point, on relèvera comme exemples récents, la fusion en cours entre les deux groupes de production Banijay et Zodiak, le rachat de Talpa Media par ITV, ou encore le partenariat de co-développement entre FremantleMedia et Telefe.

Depuis l’annonce de ce projet, France Télévisions a exprimé son mécontentement et ses craintes, Newen étant son principal fournisseur de programmes (notamment de « Plus Belle la vie », pour lequel il participe au financement sans en être coproducteur). A cet égard, le communiqué de l’Autorité se veut rassurant, et semble vouloir désamorcer toute polémique. Par ailleurs, les revendications du groupe public en termes de propriété sur les programmes sont en partie assouvies par l’accord signé avec les syndicats de producteurs, puisque celui-ci élargit entre autres son couloir dépendant[2].

[1] L’accord conclu prévoit une prise de participation par TF1 de 70% dans FLCP (Fabrice Larue Capital Partners), les actionnaires actuels dont l’équipe dirigeante, restant associés à hauteur de 30% du capital.

[2] L’entreprise pourra désormais investir 25 % maximum dans la production interne (contre 5 % aujourd’hui), dont la moitié pourra être réalisée avec sa filiale MFP (« 10% tant que MFP ne produit pas un feuilleton quotidien seul ou en coproduction déléguée »). Cet accord doit encore être retranscrit dans le cahier des charges de France Télévisions.