Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance

N Dufourcq« Émulation entrepreneuriale » et embellie économique

Nicolas Dufourcq se réjouit de la « nouvelle émulation entrepreneuriale » à l’œuvre en France à l’heure actuelle et prend pour exemple le boom des inscriptions à la 2nde édition de l’événement « Bpifrance Inno Génération » ayant pris place les 25 et 26 mai dernier à l’AccorHotels Arena : 36 000 vs 12 000 en 2015. Cela traduit selon lui la réussite de Bpifrance à créer « l’alchimie entre le côté produits bancaires techniques et le versant accompagnement des porteurs de projets« .

Bpifrance observe un déploiement de son activité autour des industries créatives. Elle leur a apporté son concours à hauteur de 1,3 milliards d’euros, dont 600 millions à des projets média et culturels. Ainsi, sur les 1 000 entreprises soutenues par la banque d’investissement publique, une dizaine d’entre elles concernent les médias, à l’instar de LeKiosK.com ou de Giroptic (dont le PDG Richard Ollier participait à la table-ronde « 360°, Réalité Virtuelle, UHD… Vers un nouveau spectacle audiovisuel »).

La croissance enregistrée sur ce secteur est de 15% – 20% par an et « la dynamique est très forte sur le début de l’année. L’écosystème va bénéficier d’une belle année 2016, portée par les bons résultats globaux, notamment une croissance meilleure que prévue« , explique Nicolas Dufourcq.

Une « boîte à outils exceptionnelle » pour toutes les entreprises

Les moyens de soutien et d’investissement de la banque sont de 3 natures : financement de l’innovation, garantie de crédit et investissement en fonds propres ; cette dernière technique étant plus rarement utilisée. Bpifrance accueille également les services de la Coface, pour soutenir le développement international des entreprises via l’assurance-crédit prospection.

Les porteurs de projet ont la possibilité de contacter l’une des 50 agences régionales de la banque, « là où tout se passe » rappelle N. Dufourcq, dans l’objectif de nuancer la vision « parisianiste » de l’entrepreneuriat. La France est l’un des rares pays à avoir développé un « guichet unique », « une grande boîte à outils exceptionnelle » à destination des porteurs de projet, avec le Canada.

Alors que Bpifrance finance principalement des PME (petites et moyennes entreprises), des ETI (entreprises de taille intermédiaire) et des grandes entreprises, elle va désormais également orienter son activité vers les TPE (très petites entreprises), de moins de 10 salariés. Car le Directeur général de Bpifrance a « la conviction qu’il existe au sein de ces TPE des énergies phénoménales qui méritent d’être financées« . Elles pourront bénéficier de prêt de 50K€ sans garantie, avec des taux de 1% à 2% sur 5 ans et de la possibilité de différer les remboursements d’un an. Il s’agit d’un gros chantier de transformation pour la banque publique d’investissement, qui compte octroyer 50% de prêts supplémentaires, en passant par exemple de 2000 prêts en Ile-de-France à 3000.

Le besoin de consolidateurs français

Nicolas Dufourcq observe sur les 3 dernières années la révolution de l’Internet of Things et rappelle que Bpifrance a financé de nombreux projets, dont Withings qui vient d’être racheté par Nokia. Il déplore vivement l’absence de consolidateurs français, en particulier dans le domaine de la MedTech, où les Français sont très innovants. Toutefois, dans une approche en termes « d’empires », il préfère que Withings reste dans l’empire européen, plutôt que d’être avalée par les États-Unis ou la Chine. Dans le secteur des médias, il souhaite qu’un des grands groupes hexagonaux accepte (enfin) d’être consolidateur, car toutes les entreprises innovantes sont parties à l’étranger.