Cap2022

Carte blanche à Didier Quillot (Directeur général exécutif de la LFP)

Dans un contexte d’augmentation des coûts des droits de diffusion des contenus sportifs, et plus particulièrement dans le Football, Didier Quillot nous a livré son analyse de l’attractivité de notre championnat : « c’est tout d’abord un produit unique fort, inattendu, récurrent et sans risque de piratage. Mais c’est aussi une forte motivation pour la souscription de nouveaux abonnés ».

Le directeur général de la LFP a rappelé les 4 grands chantiers stratégiques de la LFP pour rendre ce championnat toujours plus attractif aux yeux des diffuseurs et des téléspectateurs : « augmenter la valeur foot en incitant les clubs à améliorer la qualité des terrains, continuer la professionnalisation du corps arbitral, assurer un remplissage des tribunes, notamment celles situées face caméra, et enfin rendre la diffusion des matchs plus spectaculaire et immersive pour le téléspectateur ». Ce n’est que par ce biais que la LFP « pourra contribuer à améliorer la valeur du produit » et ainsi « améliorer la compétitivité des clubs ». Il est également revenu sur les différents investissements effectués par des acteurs étrangers ces dernières années et qui rendent le spectacle fourni par le championnat de France plus attractif (investisseurs qataris au PSG, russes à l’AS Monaco et plus récemment Américains et Chinois à l’OM et à l’OGC Nice), « la Ligue 1 possède désormais son Big Four, c’est une bonne chose pour le spectacle offert ».

Interrogé sur l’attribution des droits de la ligue à partir de 2020, Didier Quillot a donné quelques indications en nous donnant sa vision de ce marché en pleine mutation : « clairement les droits du football sont devenus aujourd’hui un business de chaînes payantes, de télécoms et de GAFA », rajoutant que « les sommes engagées rendent difficile leurs amortissements pour les chaînes en clair ». Pour rappel Canal+ et beIN Sports se partagent aujourd’hui les droits de diffusion du championnat de France pour la période 2016/2020, pour un montant de 748 millions d’euros par saison. Une somme qui reste cependant très éloignée des autres championnats majeurs (Angleterre, Espagne, Italie et Allemagne). A titre de comparaison, la Premier League, dont Didier Quillot souhaite s’inspirer à bien des niveaux, touche actuellement 2,3 milliards d’euros par an pour la période 2016-2019. Une inflation des droits TV qui fut la conséquence de la bataille entre l’opérateur Sky et British Telecom. Il est également revenu sur la présence de plus en plus soutenue des acteurs des télécoms sur le marché français. En effet SFR, au travers de ses chaînes SFR Sport est devenu un acteur majeur dans la diffusion de contenus liés au football. L’opérateur telco, qui possède déjà les droits de retransmission de la Premier League, s’est vu attribuer la semaine dernière les droits de diffusion de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa de 2018 à 2021 pour un montant de 350 millions par an. Enfin Didier Guillot estime que les GAFA pourraient également se montrer intéressés par les droits de la Ligue 1 : « les GAFA ont déjà mis un pied en Allemagne l’année dernière », tout en rajoutant « je ne vois pas pourquoi ils ne le feraient pas ailleurs en Europe Occidentale ». Pour rappel, Amazon a acheté un lot de la Bundesliga, le championnat Allemand, l’an dernier pour plusieurs dizaines de millions d’euros. De leurs côtés, Facebook et Twitter ont acheté des droits pour diffuser sur leurs plateformes des matchs de NBA et de NHL.

Il n’a en revanche pas donné de calendrier pour l’attribution des droits, ni confirmé de chiffres sur les sommes que la LFP espère récolter à cette occasion : « l’appel d’offre n’est pas ouvert mais il faut faire en sorte que tout le monde puissent être concerné (Pay Tv, Télécoms, GAFA …) ».

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