Flash

Instagram s’attaque à l’achat d’abonnés et de likes

Instagram a décidé de s’attaquer à l’achat de faux abonnés et de likes. Sont visés en premier lieu les faux influenceurs qui financent leur popularité via l’utilisation de bots et monétisent ces fausses audiences auprès des marques.

Une pratique répandue sur le réseau

Ce n’est pas la première fois que le réseau s’attaque à cette problématique. Déjà en 2014, il avait sévi en supprimant plusieurs millions de faux comptes avec comme volonté de rendre ses chiffres plus crédibles aux yeux du marché et améliorer l’expérience de ses utilisateurs. Malgré cela, la prolifération de ces faux comptes, non gérés par des humains a continué. En effet selon une étude, près de 8% des utilisateurs du réseau étaient encore des bots en 2015, soit 24 millions de comptes à l’époque. Ces robots sont au cœur d’un marché parallèle (« Dark Social ») dans lequel influenceurs et marques peuvent acheter des abonnés et des interactions, alors même que cette pratique n’est normalement pas tolérée par le réseau. Il existe aujourd’hui une multitude de sites proposant, avec des tarifs variant selon les volumes souhaités, de booster les performances sur le réseau. En Russie, on trouve même des distributeurs automatiques qui permettent d’acheter de faux abonnés et de gonfler les performances de ses publications. Dans la pratique, il est facile d’identifier ces faux profils. Leurs commentaires sont souvent hors contexte, composés d’emojis, d’expressions génériques ou d’une multitude de hashtags et sont généralement les plus réactifs quand il s’agit de liker ou de commenter un contenu. De plus, la grande majorité de ces comptes n’ont pas de photos de profil et le nombre de leurs publications est limité. Conscient de cette pratique, le réseau social a décidé de sévir.

Instagram passe à l’acte pour plus de transparence

Afin de mettre fin à ces pratiques qui nuisent au réseau, Instagram a mis en place plusieurs initiatives. Tout d’abord, le réseau a fait fermer ces dernières semaines les sites tiers les plus connus dans le domaine. Les sites Instagress, Instaplus ou encore Peerboost ne sont aujourd’hui plus accessibles pour cause de non-respect des conditions d’utilisations du réseau. Instagram souhaite également s’attaquer aux faux influenceurs qui ont recours à ce genre de pratique pour gonfler leurs chiffres et négocier de meilleurs accords avec les marques dans le cadre de partenariats sponsorisés. Le réseau analysera, via ses algorithmes, les comptes suspects en observant les commentaires et l’origine des abonnés. Même si Instagram ne dit viser que ces faux influenceurs, c’est à cette pratique dans son intégralité qu’il souhaite s’attaquer. Les marques qui auraient recours à ce type de service seront également pénalisées. Les sanctions iront du simple avertissement à la suppression définitive du compte en question. Le réseau annonce également que les comptes de faux influenceurs ou de marques ayant recours à l’achat d’abonnés ou de likes ne verront plus leurs publications apparaître au sein de l’onglet Explore et de son outil de recherche, pénalisant de fait la visibilité de leurs comptes. Ces annonces devraient rassurer un peu plus les marques qui multiplient les partenariats avec les influenceurs pour valoriser leurs produits sur le réseau, mais aussi l’utilisateur lambda qui verra sa navigation devenir plus authentique, épurée de toutes formes de spamming.

 

Facebook et Twitter s’attaquent aux faux profils

Cette problématique est commune à tous les grands réseaux et la lutte contre ces faux profils s’est intensifiée ces derniers mois, avec néanmoins des angles différents. En effet, là où Instagram vise à rendre plus transparent les partenariats entre influenceurs et marques, Facebook et Twitter cherchent avant tout à lutter contre la diffusion de fausses informations sur leurs plateformes respectives.

Facebook : le réseau social multiplie les initiatives pour lutter contre les faux comptes d’utilisateurs, qui contribuent le plus souvent à la désinformation sur les fils d’actualité. Ainsi le réseau surveillerait de près les comportements suspects de ses membres, comme la publication de messages à répétition ou des comptes publiant un flux important de contenus. C’est dans contexte que le réseau a par exemple supprimé plus de 30 000 comptes en France ces derniers mois. Selon le réseau « l’objectif est de réduire la diffusion des contenus générés par ces activités non authentiques, incluant les spams, la désinformation ou tout autre contenu trompeur souvent par partagé par les créateurs de faux comptes ».

Twitter : selon une étude de l’université de Caroline du Sud, publiée en mars dernier, près de 15% de la totalité des utilisateurs du site de microblogging seraient des bots. Cela représenterait pas moins de 48 millions de comptes. Ces robots auraient une incidence directe dans la diffusion d’informations sur le réseau. On estime par exemple que ces bots auraient diffusés à eux seuls 20% de tous les tweets relatifs à l’élection présidentielle américaine. Pour contrer ce phénomène, Twitter a mis en place un filtre qualité. En se basant sur un algorithme, le réseau souhaite offrir moins de visibilité aux comptes dits de basse qualité : « l’activer filtrera les contenus de basse qualité tel que les copies de tweets ou les contenus automatiques en les retirant de vos notifications et des autres aspects de votre expérience Twitter », explique le réseau social. L’algorithme prendra aussi en compte l’origine du compte et ses comportements passés pour déterminer si son contenu est digne d’être vu.

 

 

 

image_pdfimage_print