Flash

Accor Live Limitless nouveau sponsor majeur du PSG, un exemple d’investissement à suivre pour les grandes entreprises françaises ?

Le Paris Saint Germain a annoncé ce jeudi 21 février la signature d’un contrat pluriannuel avec le programme de fidélité ALL du groupe Accor, qui devient partenaire majeur et nouveau sponsor maillot du club à partir de la saison prochaine, en remplacement de Fly Emirates. Si les détails contractuels de ce nouveau partenariat seront dévoilés ce vendredi 1er mars par le PSG, le contrat passé entre le premier groupe hôtelier français, leader du marché en Europe, et le club de la capitale figurerait déjà parmi les contrats de sponsoring les plus élevés d’Europe.

Cette signature intervient plus d’un an après l’annonce faite par la compagnie aérienne émiratie de ne pas prolonger son contrat avec le PSG (pour lequel elle versait entre 25 et 30 millions d’euros par saison), et la parution des Football Leaks qui ont révélé la surévaluation du contrat du PSG et de Qatar Tourism Authority. Elle permet au PSG d’avancer plus sereinement dans sa quête de renouvellement de ses sponsors. Selon RMC Sport, ce nouveau contrat atteindrait un peu plus de 50 millions d’euros par saison, ce qui en ferait le quatrième partenariat le plus important d’Europe derrière Manchester United (67M€/an – Chevrolet), le FC Barcelone (55M€/an – Rakuten) et Chelsea (51M€/an – Yokohama Tyres). Ce partenariat va aider le PSG à rivaliser à armes plus égales avec les cadors européens, en même temps qu’il aidera le club à se mettre en conformité avec les contraintes édictées par l’UEFA dans le cadre du fair play financier.

De son côté, le groupe Accor, espère profiter de la notoriété du PSG pour faire connaître son nouveau programme de fidélité ALL. Comme l’avance le président du groupe Sébastien Bazin (ex-Président du PSG), l’addition du nombre de followers du club et de ses joueurs sur les réseaux sociaux (395 millions) et des clients du groupe hôtelier (265 millions), permettra de « créer quelque chose d’extrêmement puissant. Ces followers sur les réseaux sociaux sont très également répartis : 30% en Europe, 20% en Amérique latine, 25% au Moyen-Orient et une vingtaine de % en Asie-Pacifique ».

Si ces liens avec le monde du football sont nouveaux, Accor est déjà sponsor de plusieurs compétitions du paysage sportif français et international. En tennis, Accor était devenu en 2015 le groupe hôtelier officiel de Roland-Garros et le partenaire officiel du BNP Paribas Masters. A l’international, le groupe est fournisseur de l’Open d’Australie, l’un des quatre tournois du Grand Chelem. Depuis 2007, il est également fournisseur officiel de l’Evian Masters, l’un des tournois de golf féminin les plus importants, ainsi que de l’Alstom Open France sur le circuit masculin. Plus récemment, le groupe est devenu Partenaire Officiel de la candidature de Paris 2024, qui espère avoir le groupe hôtelier comme soutien lors de l’organisation des jeux.

L’arrivée d’Accor poussera-t-elle d’autres grandes entreprises françaises à investir dans le foot français ?  Accord est seulement la troisième entreprise française cotée au CAC 40 à faire son entrée en Ligue 1 (après Orange, devenu sponsor officiel de l’Olympique de Marseille en 2017, et Veolia, partenaire majeur de l’Olympique Lyonnais depuis 2013, et dans une moindre mesure le Crédit Agricole avec Amiens). Si la FFF recense plusieurs grandes entreprises françaises comme partenaires (Crédit Agricole, Orange, Bouygues, TF1), le championnat lui, souffre d’une absence de ces mêmes entreprises, qui préfèrent investir dans d’autres sports (par exemple, la Société Générale dans le rugby, BNP Paribas le tennis, La Banque Populaire la voile ou encore LCL le Tour de France) ou à l’étranger (AXA avec Liverpool ou Total comme Partenaire Majeur du foot Africain). Récemment, ce sont M6 et Peugeot qui ont signé leur départ de la ligue en cédant leurs parts à des investisseurs étrangers pour la vente des clubs qu’ils possédaient, respectivement les Girondins de Bordeaux et le F.C. Sochaux.

A contrario, en Allemagne et en Italie, les entreprises nationales les plus importantes sont non seulement sponsor, mais aussi actionnaires, des clubs qu’elles soutiennent (Puma avec Dortmund, Volkswagen à Wolfsburg,  Bayer à Leverkusen…).

Selon l’économiste du sport Jean-Pascal Gayant, le frein pour les grandes entreprises françaises à monter en puissance dans le football national se trouve dans les montants à investir, ainsi que dans le manque de visibilité quant à la rentabilité d’un tel investissement.

image_pdfimage_print