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Daily Insight 12/05/2023

Audiovisuel

L’ACP demande au gouvernement d’agir contre les pratiques commerciales de France Télévisions
Dans un courrier envoyé le 11 mai à la première ministre Élisabeth Borne, relayé par Le Figaro, l’Association des chaînes privées (ACP) -composée par les représentants de TF1, M6, Canal+ et Altice- « s’interroge sur la clarté des missions de France Télévisions et de son financement ». Selon l’association, « grâce aux « asymétries juridiques qui lui sont favorables », le groupe public peut proposer sur France 2 « des programmes de plus en plus proches » de ceux diffusés sur leurs antennes. L’ACP dénonce le fait que les groupes privés doivent signer avec l’Arcom des conventions pour chacune de leurs chaînes, tandis que France Télévisions, signe des obligations globales pour l’ensemble des chaînes du groupe, ce qui aurait conduit à « développer une programmation étonnamment commerciale sur ses grandes chaînes, en particulier sur France 2 ». Les chaînes privées reprochent également à France Télévisions de contourner les règles qui lui interdisent la publicité après 20 heures en utilisant le « parrainage » qui constituerait « 25% de ses recettes publicitaires ». L’ACP demande au gouvernement :

  • « La mise en place d’obligations de service public plus précises, assorties d’indicateurs chiffrés, chaîne par chaîne, à l’instar de ce qui se pratique pour les télévisions privées ».
  • « Une clarification des rôles et du niveau d’intervention du secteur public sur les genres populaires comme le sport, la fiction et le cinéma américain dans lesquels opère le secteur privé concurrentiel ».
  • De « mettre fin aux pratiques de contournement de France Télévisions et à ses demandes continues d’élargissement de la publicité sur ses différentes antennes ».

Lire Le Figaro

Molotov TV conduira sous la marque Molotov Channels son accélération dans l’AVoD et les FAST
Molotov TV abandonnera le 15 mai la marque Mango, qu’il avait lancée fin 2020. C’est sous le label Molotov Channels que la filiale du groupe américain Fubo TV poursuivra son développement dans l’AVoD et les FAST. S’agissant des contenus accessibles à la demande, le catalogue en sera élargi pour totaliser 10 000 heures (environ 20% cinéma, 40% séries et 30% animation ; l’équivalent du volume disponible sur MYTF1) et sera organisé en dix thématiques (Cinéma, Séries, Kids, Docs, Sport, Life, Family, Choc, Vintage et Novelas). Cinq chaînes FAST mono IP compléteront dès le 15 mai cette offre, respectivement dédiées à Starsky et Hutch, Un gars, une fille, Alerte à Malibu, Blood et Culture Pub.
Parmi les détenteurs de droits avec lesquels il a contracté, Molotov mentionne Banijay, Cineflix, Crome Films, FilmRise, France TV distribution, Lionsgate, Mediatoon Distribution, Mediawan, My Digital Company,  Sony, Wild Side, Xilam, ZDF Studios,  Zylo. Et la ligue de MMA Professional Fighters League-PFL qui permettra à Molotov son premier développement dans le domaine du sport. A partir de l’été, Molotov devrait par ailleurs intégrer une chaîne FAST dédiée à des productions de Maximum Effort (Deadpool, Free Guy, The Adam Project), dont l’acteur Ryan Reynolds (incarnant de la dernière campagne de communication de Fubo TV et associé très minoritaire du groupe) est le cofondateur.
Molotov TV entend au-delà constituer progressivement une plateforme de chaînes FAST éditées par des tiers, dont le nombre ne devrait pas dépasser 40, afin de conserver à l’offre sa lisibilité. La collaboration vaudra également sur la monétisation, avec la création du réseau Molotov Advertising Network, qui aura la charge d’élargir l’inventaire commercialisable en combinant les audiences des services de Molotov et celles de partenaires (chaînes FAST indépendantes, éditeurs de la TNT…). Deux accords auraient déjà été conclus en ce sens. Enfin, la nouvelle plateforme technologique unifiée évoquée en début d’année devrait être déployée à l’été aux Etats-Unis, et avant la fin 2023 en France et en Espagne.

Le satellite reste le principal mode de réception TV en Allemagne
L’opérateur satellitaire SES a publié le 11 mai son étude annuelle Astra TV Monitor 2022 réalisée par Kantar, sur l’évolution des modes de réception de la télévision en Allemagne et dans la région DACH. Globalement, le nombre de foyers TV recule légèrement à 36,3 millions en 2022 contre 37,2 millions en 2021. Le satellite consolide sa position de principal mode d’accès avec une présence dans 16,34 millions de foyers TV, soit une part de marché de 45 % (contre 45,7 % en 2020). La télévision par câble (15,21 millions) est en deuxième position avec une part de 41,9 % alors que l’IPTV est en légère progression avec 3,61 millions de foyers TV et une part de marché de 9,9 % (1 point de plus par rapport à l’an dernier). Enfin le nombre de foyers bénéficiant d’une réception via DVB-T2 HD pour la plateforme numérique terrestre continue de baisser à 1,14 million contre 1,33 million en 2021 (3,1 %).
Lire le communiqué de presse

Publicité

Marché publicitaire du 1er trimestre : la TV à -7,2% ; la radio à +1,7%
Les résultats de l’étude BUMP pour le premier trimestre 2023 font apparaître un marché globalement à l’étale (+0,3%), tiré – mais à allure modérée – par le digital (+3%), et au sein duquel la télévision enregistre à l’inverse le plus fort recul (-7,2%). Parmi les groupes audiovisuels qui ont publié leurs résultats sur la période, TF1 et M6 ont enregistré des replis respectifs de leur chiffre d’affaires publicitaire de -9,7% et -2%, mais pour des périmètres qui dépassent la publicité TV (intégrant la commercialisation des Indés Radio pour TF1 et celle de RTL pour M6, en particulier). A -6,5%, le pôle TV du groupe NRJ est très proche de la moyenne du marché. La radio confirme son statut de média des temps de crise, et progresse de 1,7%. S’agissant des revenus digitaux des éditeurs de TV et de radio (déjà intégrés par ailleurs aux totaux des deux médias), les premiers sont en hausse de 12%, à 55 M€, et les seconds de 17%, à 7 M€.
Consulter le communiqué du BUMP

Plateformes

L’Arcom prêt « à assumer pleinement les missions de coordinateur des services numériques »
Dans un communiqué de presse publié le 11 mai, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) prend acte des nouvelles missions qui lui sont accordées par le projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique, adopté le même jour en Conseil des ministres. Ce projet de loi qui prévoit notamment des mesures d’adaptation du droit français au règlement européen sur les services numériques, confère à l’Arcom la mission « d’assurer la coordination entre les différentes autorités nationales compétentes, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), l’autorité administrative chargée de la concurrence et de la consommation et elle-même ; de siéger au sein d’un Comité européen des services numériques et de participer à la surveillance des très grandes plateformes en ligne et des très grands moteurs de recherche relevant de la compétence de la Commission européenne ». « À l’échelle nationale, l’Arcom serait chargée de superviser les obligations des services établis en France. En cas de non-respect de leurs obligations, elle pourra prononcer des sanctions, dont des amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial de ces services. » L’Autorité annonce se tenir « prête à assumer pleinement les fonctions de coordinateur des services numériques » en cas d’adoption du texte par le Parlement.
Lire le communiqué de presse

L’autorité de la concurrence publie son avis sur le projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique
Dans son avis concernant le projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique, l’Autorité de la concurrence (AdlC) recommande de « s’aligner autant que possible » sur les dispositions des DSA et DMA. L’Autorité s’est prononcée sur l’interopérabilité des services cloud (future mission de l’Arcep). Elle recommande de concentrer les travaux du régulateur sur les services d’infrastructure cloud afin de « garantir une meilleure proportionnalité par rapport à des obligations communes à l’ensemble de services ». Concernant les frais de transfert, elle demande une période de transition progressive dans leur suppression. L’Autorité demande également d’élargir en droit national la définition des « services cloud visés » et de « crédits cloud » qui ne devra pas être trop restrictives pour éviter des techniques de contournements de la part des entreprises.
Lire l’avis de l’Autorité

Télécom

L’Arcep constate un recul du nombre de cartes SIM en service en France au premier trimestre
L’Arcep a publié le 11 mai le volet pour les Services Mobiles de son Observatoire des marchés des communications électroniques en France pour le premier trimestre 2023. Au 31 mars 2023, le nombre de cartes SIM en service en France (hors cartes MtoM) s’élève à 82,5 millions, en baisse de 160 000 cartes en un trimestre contre + 300 000 au premier trimestre 2022. Le recul provient de l’affaiblissement de la croissance du segment post-payé et de l’accélération de la contraction du segment prépayé. La part de marché des opérateurs mobiles virtuels (MVNO) est stable à 7,2 % au premier trimestre. Le taux trimestriel de résiliation post-payé est lui en baisse à 4 % (4,2 % au trimestre précédent).
Lire l’Observatoire

TIM fixe au 9 juin la date limite pour les offres de rachat de son réseau fixe
A l’occasion de la présentation des résultats financiers du 1er trimestre, le 11 mai, le PDG de Telecom Italia Pietro Labriola a confirmé que la cession du réseau fixe de l’opérateur restait « la principale option pour réduire structurellement » son endettement. Après avoir analysé les offres de KKR et du consortium CDP (Caisse des dépôts italienne) – Macquarie, le conseil d’administration les a jugées insuffisantes, même dans leurs versions améliorées et a pris acte du souhait de l’un des candidats de déposer une nouvelle offre. TIM fixe au 9 juin la date limite pour le dépôt des dernières offres définitives, tout en rappelant qu’elles ne seront pas contraignantes pour l’opérateur. En relançant le processus avec KKR et la CDP, Pietro Labriola va à l’encontre du souhait de Vivendi, principal actionnaire, qui s’était déclaré favorable à un arrêt des négociations, jugeant les offres largement insuffisantes.
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