Veille Juridique

Réponse du ministère de la Culture à une question écrite de Catherine Dumas sur le coût de la communication du pass culture

Question écrite de Catherine Dumas (LR) :

Mme Catherine Dumas interroge Mme la ministre de la culture sur le coût et l’utilité de la campagne de communication de promotion du pass Culture.

Elle rappelle que ce dispositif, testé depuis 2019 dans 14 départements pilotes, est censé permettre aux jeunes de bénéficier, durant l’année de leurs 18 ans, d’un crédit de 500 euros pour découvrir des expériences et des biens proposés par des acteurs culturels partenaires.

Elle remarque que cette expérimentation n’a, pour le moment, pas vraiment convaincu et que les sénateurs de diverses sensibilités politiques ont d’ailleurs rejeté la montée en puissance de ce dispositif lors des discussions du budget 2021. In fine, le Gouvernement a finalement maintenu l’augmentation du budget du pass culture de 50 %, le faisant passer de 40 à 60 millions d’euros.

Elle relève que ce mécanisme destiné à un public jeune est peu adapté, peu interactif et peu intuitif. L’offre est limitée à des propositions visiblement peu attractives de partenaires présélectionnés, disponibles uniquement sur un site dédié dont l’application n’est téléchargeable que sur androïd et pas sur un iphone.

Elle ajoute que l’Italie, premier pays à avoir expérimenté ce type de pass culture, l’a finalement abandonné à l’issue de sa phase de test.

Elle souligne que ce « Bonus Cultura » aura coûté 580 millions d’euros en 2016 et 2017 et que, outre des problèmes techniques, l’échec italien résiderait dans le manque d’intérêt des potentiels bénéficiaires pour les offres proposées.
Elle s’interroge donc sur l’opportunité de maintenir ce dispositif et l’utilité de la campagne de communication actuellement diffusée dans la presse dont elle souhaite connaître le coût.

Réponse du Ministère de la culture :

Initié le 1er février 2019 sous la forme d’une application web, le pass Culture est disponible dans 14 départements et compte aujourd’hui plus de 135 000 utilisateurs. Plus de 74 % de ces jeunes l’ont déjà utilisé pour réserver une offre culturelle et plus de 830 000 réservations ont été effectuées. Le crédit alloué à chaque utilisateur l’année de ses 18 ans est disponible pour une durée de 24 mois et lui permet d’accéder à un grand nombre d’offres culturelles disponibles auprès d’acteurs culturels de proximité. Au total, le pass Culture compte aujourd’hui plus de 4 500 lieux culturels répartis dans les 14 départements d’expérimentation et référence près de 3 millions de biens et services disponibles sur la plateforme développée par la SAS pass Culture qui, dans une logique de co-construction, sollicite et tient compte de l’avis de ses utilisateurs afin de proposer un service conforme aux pratiques des jeunes. Du reste, les enquêtes de notoriété démontrent que les utilisateurs du pass Culture sont satisfaits de l’application mise à leur disposition. Le choix initial de l’application web, qui a pour avantage d’être téléchargeable sur n’importe quelle interface mobile sans être disponible sur un magasin d’applications en ligne, a été fait dans un premier temps pour lever les obstacles à l’accès au dispositif. L’application est désormais disponible pour les utilisateurs des services Androïd et le sera également dès le second trimestre 2021 pour ceux des services Apple. Le budget voté par le Parlement dans le cadre de la loi de finances pour 2021 est conforme à la montée en puissance du dispositif qui sera déployé au niveau national pour tous les jeunes de 18 ans dans les tous prochains mois. Il doit également permettre au pass Culture de s’articuler avec d’autres dispositifs d’accès à la culture pour le jeune public, au premier rang desquels la politique d’éducation artistique et culturelle. La communication sur le dispositif pass Culture accompagnera logiquement son déploiement national. Le relatif manque de notoriété du pass Culture dans les 14 territoires d’expérimentation initiaux était notamment lié à un manque de communication auprès des bénéficiaires potentiels, qui s’est avéré difficile à mettre en place à une échelle départementale. Une campagne de communication, essentiellement digitale et visant les jeunes de 18 ans, afin d’assurer le ciblage optimal et une meilleure maîtrise des coûts, est envisagée dès le lancement national du pass Culture. Le montant des achats d’espaces publicitaires envisagé pour cette campagne de lancement est proportionné aux enjeux d’appropriation du dispositif par les jeunes de 18 ans. Cette campagne sera naturellement relayée par des actions auprès des publics jeunes scolarisés, par le biais de la mobilisation du ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, et non scolarisés grâce à l’appui des structures d’accueil et de suivi de ces publics prioritaires (éducation populaire, missions locales, Pôle emploi…). Par ailleurs, la comparaison avec les voisins italiens n’apparaît pas pertinente. En effet, le « Bonus Cultura » n’a pas été abandonné après sa phase test et est encore offert aux jeunes de 18 ans.

La question et la réponse écrites sont disponibles ici.

image_pdfimage_print

Twitter NPA Conseil