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Samsung multiplie l’ouverture de villages numériques en Afrique

La branche Africaine du Coréen Samsung Electronics a inauguré récemment un nouveau village numérique au Nigéria après un autre au Gabon début février. Six autres pays Africains devraient bénéficier cette année de ce programme lancé par Samsung en 2013. L’objectif de ces « villages numériques » est d’avoir un impact positif sur la vie de 5 millions de personnes d’ici la fin de l’année 2015 en réduisant les écarts de développement entre les zones urbaines et les zones rurales grâce au déploiement d’infrastructures éducatives, médicales et administratives toutes électrifiées et connectées à internet.

Samsung souhaite matérialiser son engagement pour l’Afrique par le développement des communautés rurales

Malgré des résultats décevant sur l’année 2014, Samsung reste le leader de l’électronique grand public en Afrique sur le segment des téléphones mobiles[1] et la firme Coréenne a affiché des niveaux de croissances impressionnants ces dernières années (environ +60% chaque année). La domination du coréen est d’autant plus visible en Afrique que de nombreuses marques concurrentes restent absentes du continent, largement préempté par les marques chinoises. Pour faire face à une baisse de croissance en Europe, Samsung mise donc beaucoup sur le continent Africain et a même lancé le projet « Built for Africa » visant à favoriser la conception et la vente de terminaux électroniques sur le Continent avec des produits spécifiquement développés pour l’Afrique[2].

La seconde initiative majeure du Coréen pour renforcer ses positions est donc celle des villages numériques dont l’objectif est de réduire l’écart avec les zones urbaines afin d’éviter l’exode rural. Pour accroître l’accès à l’éducation et à la santé, Samsung mise sur l’électrification de villages sans énergie et le désenclavement numérique du continent. Lancé en 2013 en Afrique du Sud, le programme « Village Numérique » de Samsung Electronics Africa a ensuite essaimé[3] en République démocratique du Congo, au Ghana, au Nigeria, en Tanzanie au Soudan et au Gabon. Samsung accélère son programme et envisage d’ici la fin de l’année de construire des villages numériques en  Éthiopie, au Kenya et au Zimbabwe. Samsung travaille en partenariat avec les gouvernements et administrations locales ainsi qu’avec des ONG et l’UNESCO.

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Source : Samsung

 Concrètement, le constructeur propose un ensemble d’installations clés qui sont électrifiées grâce à un générateur d’énergie solaire auquel sont reliés une école, un centre de santé, un centre télé-médical, une station de purification d’eau et un système d’éclairage public.

Ces installations, conçues pour ne nécessiter qu’une très faible maintenance et pour avoir une durée de vie importante répondent aux besoins de santé et d’éducation les plus importants des communautés mal desservies. Elles donnent également souvent pour la première fois un accès à l’énergie (25% des zones rurales n’auraient pas accès à l’électricité sur le continent).

Concernant la connectivité de ces villages, Samsung s’associe avec des opérateurs locaux (Safaricom au Kenya, Gabon Telekom et Airtel au  Gabon…) pour connecter les infrastructures via l’internet mobile et proposer ainsi des villages véritablement autonomes. Le programme du géant Coréen encourage donc plusieurs acteurs, publics et privés, à s’engager dans les projets.

Nombreuses initiatives des géants du net et de l’électronique sur le continent Africain

À l’instar des autres géants du net et de l’électronique, Samsung cherche à s’implanter durablement en Afrique[4] où le potentiel de croissance est considérable avec des prévisions atteignant les 2 milliards d’habitants en 2050, soit un quart de la population mondiale[5]. Mais la concurrence est rude puisque l’ensemble des grands groupes, Microsoft, Google, Huawei, Facebook ou Orange[6] multiplient les initiatives pour s’imposer comme des partenaires incontournables dans le développement numérique du continent, chacun avec une stratégie différente.

Facebook et internet.org[7] : Le réseau social Facebook a lancé son projet internet.org en 2013, qui permettra, grâce à des drones à énergie solaire, d’offrir internet dans les zones non couvertes. Les utilisateurs devront télécharger l’application « internet.org », et auront accès à certains sites et services de base gratuitement. La solution a déjà été déployée en Zambie et au Ghana fin 2014.

Le projet Loon de Google: Le projet est directement concurrent de celui de Facebook puisque l’objectif est également d’offrir Internet aux zones non couvertes grâce à un réseau de ballons dirigeables évoluant dans la stratosphère (entre 8,5 et 60 km d’altitude), alimentés en énergie par des panneaux solaires et capables de relayer un accès à Internet en utilisant les fréquences des opérateurs de télécommunications partenaires. Au sol, le signal doit être capté par des antennes extérieures ou des téléphones équipés de la technologie LTE. Les dirigeables sont en communication les uns avec les autres pour créer un maillage permettant de couvrir une grande superficie. Chaque ballon permet une connexion sur 40 kilomètres avec des débits équivalents à de la 3G. Un accord signé avec l’agence spatiale française CNES devrait permettre d’accélérer le projet. Après une première expérimentation en Nouvelle-Zélande, Google s’intéresse à l’Asie, à l’Amérique latine et à l’Afrique.

Contrairement aux villages de Samsung qui apportent une utilité immédiate à une communauté, les projets de Facebook et Google se limitent à la connectivité des zones blanches. Ils entrent ainsi en concurrence directe avec le développement des réseaux cellulaires des opérateurs locaux et surtout n’apportent aucune solution pour lever le principal frein au développement numérique des zones rurales qui reste le coût de l’équipement.

Il en va différemment du programme Microsoft 4Afrika[8] plus proche de celui de Samsung dans sa philosophie et qui comme lui vise à capitaliser sur une présence ancienne dans de nombreux Pays africains pour associer la croissance de l’entreprise à des initiatives liées au développement économique du continent.

Lancé en 2013, le programme 4Afrika de Microsoft a en effet pour objectif de stimuler la compétitivité de l’Afrique sur le plan mondial en en encourageant l’innovation et l’acquisition de compétences dans le domaine de l’IT. Le premier objectif est de favoriser l’équipement en smartphones grâce au lancement de terminaux abordables spécialement conçus pour le programme. Le premier produit est un téléphone développé avec Huawei et tournant sous Windows 8. Parmi les autres objectifs du programme figure le développement d’une plateforme pour aider les PME africaines à créer des sites Web professionnels (Maroc et Afrique du Sud dans un premier temps) ou le lancement d’une plate-forme pour l’éducation (Afrika Academy) grâce à des outils d’apprentissage en ligne afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.  Enfin, Microsoft a également lancé un projet lié à la connectivité des zones reculées au Kenya, en utilisant les fréquences inutilisées par la télévision hertzienne (White Space), ainsi que des stations solaires pour l’électrification.

[1] http://ewn.co.za/2014/11/14/Samsung-expects-squeeze-in-African-growth

[2] http://www.afriqueitnews.com/2014/11/19/samsung-compte-lafrique-sortir-mauvaise-passe/

[3] http://global.samsungtomorrow.com/samsung-harnesses-solar-power-to-build-digital-villages-in-africa/

[4] http://www.samsung.com/africa_fr/news/global/27301

[5] Source : UNICEF

[6] Se référer au Flash n° 747

[7] https://www.internet.org/

[8] http://www.microsoft.com/africa/4afrika/

Pour aller plus loin

Vidéo de présentation

Samsung opens Digital Village in Nigeria

Samsung Harnesses Solar Power to Build Samsung Digital Villages in Africa

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