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THD : les débits réels européens en question

La dernière étude de la Commission européenne sur le haut débit confirme l’hétérogénéité la qualité du service (prix, couverture, vitesse) en Europe et montre des différences significatives avec le marché américain. L’objectif de ces études est de favoriser l’investissement, l’innovation et améliorer les droits des consommateurs.

Vitesse : un meilleur débit mais moins de transparence qu’aux États-Unis

Malgré les investissements des opérateurs pour améliorer la qualité du réseau très haut débit fixe, la Commission relève une différence assez importante entre la vitesse affichée par les opérateurs européens dans leurs offres et la vitesse réelle constatée. En moyenne, l’abonné ne bénéficiera que de 75% de la vitesse proposée par son opérateur (ex. 75Mbps pour une offre de 100Mbps). En revanche, on remarque des différences plus ou moins importantes selon les technologies : 63,3% pour les offres ADSL, 86,5% pour le câble et 83% pour les offres FTTx. La vitesse de téléchargement se situe quant à elle autour de 38Mbps en 2014, contre 30Mbps en 2013. À noter qu’il existe de fortes disparités au sein du continent européen[1], entre les pays mais aussi entre les zones urbaines et rurales. Un des éléments important de l’étude est la comparaison avec les États-Unis.

aTout d’abord il existe de fortes différences sur les débits moyens pour les technologies câble et FTTx (cf. tableau ci-dessous) mais aussi et surtout, les performances sont en adéquation avec leurs offres. En effet, les opérateurs américains offrent d’avantage de transparence à leurs abonnés puisque la vitesse annoncée correspond parfaitement à celle constatée (92% pour l’xDSL, 113% pour le FTTx et 102% pour le câble). Signe que les opérateurs européens exagèrent fortement leurs performances en comparaison des opérateurs américains déjà soumis à une obligation de transparence. À noter que les opérateurs européens auront eux aussi une obligation de transparence à partir d’avril 2016.

Prix : de fortes disparités entre les territoires mais une chute de 12% entre 2012 et 2015

La principale tendance qui ressort de l‘étude est une baisse significative (12%) du prix de l’accès au haut débit fixe dans l’Europe des 28 entre 2012 et 2015, particulièrement sur les offres de très haut débit (30-100Mbps). Même si on observe des différences très importantes d’un pays à l’autre avec, par exemple, des pays comme l’Italie, la Croatie, l’Irlande ou le Luxembourg qui font grimper le prix moyen, il est intéressant de souligner que le prix peut être 300% plus élevé selon le pays pour un même service. Globalement, l’UE propose les offres les moins chères pour 12-30Mbps et se trouve en troisième position pour les offres 30-100Mbps derrière la Corée du Sud et le Japon. Autre élément intéressant : dans 80% des cas, l’offre la moins chère dans chaque pays est proposée par le nouvel entrant et non pas par un des opérateurs historiques. En revanche, ces derniers conservent l’avantage de la couverture.

Couverture : forte progression de la 4G

Le troisième volet de cette étude qui couvre 31 pays et 9 technologies d’accès haut débit fixe et mobile[2] montre que plus de 216 millions de ménages (99,4%) ont accès à au moins une de ces technologies à la fin de l’année 2014 (hors satellite). Ce chiffre n’a pas évolué par rapport à 2013, ce qui s’explique par le fait que la population croît plus vite que la couverture du territoire. C’est pour cette même raison qu’on observe même un léger déclin sur la couverture du très haut débit fixe. La couverture 4G a quant à elle bien progressé en passant de 59,1% en 2013 à plus 79,4% en 2014. On note également une légère hausse de la couverture des zones rurales malgré de fortes disparités.

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[1] Se référer au dossier NPA sur le THD : http://www.npaconseil.com/portfolio-item/tres-haut-debit-fixe/

[2] DSL, VDSL, câble, DOCSIS 3, FTTP, WiMAX, HSPA, LTE et satellite

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