Flash

Le spécialiste de connectivité Gogo en pointe sur le Wi-Fi en vol

La société américaine Gogo, fournisseur de connectivité, pourrait bien redynamiser le marché du Wi-Fi à bord des appareils commerciaux. Leader aux Etats Unis (66% PdM sur les vols commerciaux), elle propose une nouvelle technologie satellite 2Ku qui permet d’atteindre des débits proches de 70Mbps (x10).

In-Flight-Connectivity : le 2KU, une technologie satellite plus performante[1]

aDe nombreuses compagnies aériennes permettent déjà aux passagers d’utiliser le Wi-Fi en vol moyennant souvent des frais supplémentaires calculés en fonction du temps ou de la data consommés pour amortir les importants investissements réalisés, et ce quel que soit la technologie choisie : terrestre via des antennes relais et/ou par satellite géostationnaire. L’installation nécessite en outre un temps d’immobilisation de l’appareil au sol, coûteux pour la compagnie. Ainsi les spécialistes estiment que la rentabilité d’un équipement Wi-Fi implique un taux d’utilisation de 20 % au minimum. Or, pour l’heure, ce taux se situe généralement autour des 5 %, en partie à cause d’une expérience utilisateur assez décevante en termes de débits et de stabilité. Gogo, qui équipe déjà de nombreuses compagnies, vient d’annoncer l’accord de la « Federal Aviation Administration » pour lancer sa nouvelle technologie satellite propriétaire baptisée « 2KU ». Le 2KU devrait permettre de s’affranchir de nombreuses contraintes et d’ouvrir ainsi la voie à de nouveaux services et usages. Les compagnies Aeroméxico, Virgin Atlantic et Delta ont déjà signé pour employer cette solution qui utilisera 180 bandes satellites opérant en bandes K-u (appartenant à SES satellite et Intelsat). Gogo est par ailleurs partenaire de Inmarsat pour les bandes K-a (la bande K est utilisée pour l’internet par satellite). Grâce à ses deux antennes assez légères, l’aérodynamisme des avions n’est pas perturbé. La technologie 2Ku est aujourd’hui la plus performante du marché et offre une meilleure couverture que les technologies concurrentes et un coût inférieur à toutes les autres solutions exploitant ces bandes de fréquence.Image1

D’autres acteurs veulent profiter de ce marché porteur

Bien que leader en position de quasi-monopole sur le sol américain, Gogo n’est pas le seul à vouloir en profiter et de nombreux acteurs convoitent ce marché lucratif, à commencer par les grands groupes comme Thalès (FR), Panasonic (JAP), Global Eagle Entertainment (US), ViaSat (US), mais aussi les grands opérateurs télécoms qui cherchent eux aussi à utiliser leurs ressources, à l’image d’AT&T qui a annoncé vouloir se lancer sur le marché début 2014 avant de renoncer quelques mois plus tard. En Europe, Deutsch Telekom a officialisé récemment un partenariat avec Inmarsat pour une solution qui combine le LTE et la Bande S (30Mhz) de l’opérateur satellite. En France, Orange mène plusieurs expérimentations avec Air-France KLM depuis l’été 2015 autour de la technologie satellite[2]. Sur le marché américain, deux compagnies aériennes qui ont choisi la technologie hybride proposée par ViaSat (critiquée par Gogo[3]) ont conclu des partenariats avec des services de SvoD[4] :

  • Virgin America propose l’accès gratuit au service Netflix pour les abonnés, jusqu’au 2 mars 2016, ensuite le tarif normal sera appliqué.
  • JetBlue  propose de la même manière l’accès gratuit à Amazon Prime pour les abonnés
Des perspectives intéressantes pour l’IFE (In Flight Entertainment) ?

Le développement du Wi-Fi à bord des avions devrait faire évoluer le modèle économique des compagnies aériennes. En privilégiant les catalogues proposés par des services tiers, elles pourront s’affranchir des lourdes dépenses en droits d’acquisition de contenus de leurs propres catalogues. En effet, la montée en débit combinée à l’autorisation pour les passagers d’utiliser leurs appareils (BYOD)[5] permet aux usagers d’utiliser le service de leur choix (Youtube, Hulu, Amazon, Netflix, HBO, ou encore du contenu live) en substitution aux contenus proposés par le fournisseur d’IFE de la compagnie. Autre économie potentielle pour les compagnies, celle réalisée sur l’entretien du matériel[6] dont le coût se chiffre à plusieurs millions de dollars par an. Certaines compagnies commencent d’ailleurs à ne plus installer de « seatback entertainment » dans les avions pour laisser place aux équipements des passagers, ce qui leur permet dans le même temps d’alléger le poids de l’appareil et ainsi de diminuer la consommation de carburant. Reste deux inconnues. Premièrement, des doutes demeurent sur la sécurité informatique de ces dispositifs. Et deuxièmement pour que ce scénario se développe, il faudrait que les passagers soient prêts à payer plus pour bénéficier d’un Wi-Fi plus performant. Plusieurs études tendraient à montrer qu’ils y soient disposés pour des vols long-courriers.

___________________________________________________

[1] http://commercial.gogoair.com/connectivity/technologies/2ku

[2] http://www.runwaygirlnetwork.com/2014/12/06/air-france-forges-ifc-deal-with-telco-a-sign-of-things-to-come/

[3] http://spacenews.com/as-it-eyes-expansion-gogo-says-u-s-market-share-is-secure/

[4] http://variety.com/2015/digital/news/netflix-virgin-america-free-in-flight-wifi-1201604726/

[5] http://www.engadget.com/2014/08/05/future-of-ife/

[6] http://www.bbc.com/future/story/20150702-is-the-seat-back-movie-about-to-die-out

image_pdfimage_print