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Alliance Médias du Sud – BFM à Toulouse

Ce n’est finalement qu’un seul candidat que le CSA a auditionné cet après midi pour l’obtention de la fréquence de télévision locale sur Toulouse. Actée hier soir, l’alliance scellée entre le groupe Médias du Sud de Christophe Musset et BFM d’Alain Weill va accélérer le développement du réseau régional TV Sud Occitanie avant de tendre vers une initiative nationale.

Une alliance de dernière minute

Scindée à la veille de l’audition publique du CSA, que l’on sait souvent déterminante dans le choix du Collège,  les toutes premières questions posées par le Conseiller Nicolas About, en charge du secteur, ont permis de voir plus clair dans les accords capitalistiques entre les deux prétendants à la fréquence.

Tout d’abord le groupe Médias du Sud, qui revendique une valorisation à hauteur de 3,6 millions d’euros (source : expert indépendant) ouvre son tour de table à la holding personnelle de Bruno Ledoux à hauteur de 25% avec un input de cash de 600.00 €, en grande partie destiné au lancement de la future chaîne toulousaine. Présent à la table des auditionnés, ce dernier dit partagé pleinement la philosophie du projet qui s’inscrit dans « une verticalité des échanges et l’union des identités au sein de la dimension régionale et de la culture occitane ».

Il faut ici rappeler la présence de la holding de Bruno Leroux dans le service régional Telif qui devrait ouvrir son antenne sur l’Ile-de-France dans les prochains mois. Il semblerait donc que le secteur de la télévision locale, dont le président du syndicat Télévisions de France n’est autre que Christophe Musset, se soit trouvé un nouveau partenaire financier.

BFM prend 20% du capital de la société candidate TV Sud Toulouse

A ce stade, l’alliance avec BFM s’opère sur la seule structure candidate TV Sud Toulouse qui a informé hier soir le CSA de l’entrée à son capital de la société NewsCo pour une participation de 20%. Alain Weill rejoint ainsi au tour de table Le groupe La Dépêche (10%) et Médias du Sud (70%). Christophe Musset a précisé, en réponse au président Olivier Schrameck, qu’un Pacte d’actionnaire marquerait très prochainement la volonté de maintenir cet équilibre capitalistique entre les associés.

Une alliance sans influence éditoriale

Christophe Musset l’assure devant les Conseillers, BFM ne revendique ni l’appellation de la future chaîne, ni une intervention éditoriale. C’est donc bien le projet TV Sud Toulouse tel que déposé dans la procédure des candidatures qui concourt devant le Conseil mais avec l’entrée d’un nouvel actionnaire minoritaire. Et donc pas de modification à caractère substantiel susceptible de fragiliser la candidature.

Apporter les clés de compréhension et de vie sur une grande région de Marseille à Perpignan

La ligne éditoriale repose sur la philosophie du « Bien vivre ensemble » à travers la mise en valeur des initiatives locales et régionales.

Une heure de programmes locaux  inédits chaque jour dont un journal télévisé local d’une dizaine de minutes, et des magazines destinés à aller « à la rencontre des gens plutôt que de les recevoir sur un plateau » précise Jean Brun , directeur des rédactions de Médias du Sud. Ces programmes seront produits et/ou réalisés avec des contributeurs externes à la future chaîne. Ainsi il sera fait appel à la population pour des reportages de grande proximité, à des producteurs locaux pour des documentaires et magazines, ou encore aux écoles toulousaines de journalisme pour contribuer aux journaux d’information. Voilà les obligations de production et de diffusion posées par les termes de l’appel à candidature bien respectées.

Une alliance qui veut ouvrir la voie à un réseau national

Longtemps tabou après les défaillances enregistrées par Antennes Locales ou le Groupe Hersant Médias, aujourd’hui Christophe Musset ne cache plus sa vision d’un futur réseau national. « La temporalité de ce développement n’a pas toujours été là mais aujourd’hui, c’est la bonne. ». Une vision que le CSA semble aujourd’hui être plus enclin à entendre, notamment auprès des Conseillers du groupe de travail de télévisions locales.

C’est, pour Christophe Musset, la création d’un réseau à trois strates. D’abord une « tranche locale » pour offrir au téléspectateur une programmation de proximité qui, selon lui, est inexistante dans l’offre actuelle de télévision. La « tranche régionale » ensuite pour profiter des gains économiques nés de synergies opérationnelles. Et une « tranche nationale », mais dans un grand respect de l’ADN local (donc pas de séries et cinéma…) pour rencontrer un modèle économique reposant sur la commercialisation publicitaire en pré-roll de la diffusion en ligne des vidéos des chaînes locales. Ce modèle reposant sur une croissance du CPM de 5 € aujourd’hui à plus de 100 voire 180 €.

A ce titre, le Président du Syndicat des télévisions locales place, Myvideoplace la plateforme numérique de mutualisation et d’échanges de contenus vidéo des télévisions locales au cœur des enjeux et au centre du dispositif. Elle devrait enrichir tant les partenariats éditoriaux riches entre les antennes, que les collaborations existantes avec les antennes TF1, LCI et TMC et celles à venir avec la presse quotidienne régionale pour une viralisation à grande échelle des contenus locaux.

 

Rendez-vous donc dans quelques jours pour connaître la décision du Conseil. Et sans présager de cette autorisation, on peut imaginer que Toulouse retrouvera prochainement une télévision locale et que celle-ci deviendra le point de force du développement d’une nouvelle initiative de réseau national… avec il n’y a plus de doute BFM en partenaire.