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Entreprises françaises : davantage d’hacktivisme dans la transformation numérique !

Consécration par le verbe en France ; traduction sonnante et trébuchante de l’autre côté de l’Atlantique ; ce début de semaine confirme s’il en était besoin que la vie connectée est désormais une réalité… mais aussi que les entreprises françaises sont encore loin d’en avoir toutes pris la mesure.

Dans son rapport annuel sur « L’état de l’internet en France », c’est d’abord l’ARCEP qui rappelle la place du numérique dans notre quotidien : « en 2016, 88 % des Français ont utilisé internet, pour 82 % des Européens et plus de la moitié de la population mondiale », près de trois sur quatre (74%) se connecte quotidiennement, et « 70 % des moins de 60 ans estime qu’internet est important pour se sentir intégré dans la société ».

Attendus chaque année pour le reflet qu’ils apportent de l’évolution de nos usages, les nouvelles éditions du Petit Larousse et du Petit Robert témoignent de cette intégration croissante : « e-sport », « gameur », « gif », « like », « hacktivisme », « googliser »« influenceurs », « phablette », « retweeter », « ubérisation » figurent ainsi parmi les 150 mots du premier et les 200 du second. Avec près de 250 millions de vidéos visionnées via les réseaux sociaux des 9 chaînes d’information françaises (BFM Business, BFM TV, Cnews, Euronews, France 24, FranceInfo:, LCI, LCP, Public Sénat) pour le seul mois d’avril, le Tableau de bord que publie cette semaine le Flash NPA illustre un autre « entrant » de l’année : « l’infobésité ».

Côté américain, ce sont les marchés financiers qui ont consacré ce mardi le boom numérique, en propulsant l’action Amazon au-delà des 1 000 dollars, dans un Top 5 des plus fortes capitalisations boursières exclusivement composé d’entreprises du secteur : Apple (800 Mds$), Alphabet / Google (680 Mds$), Microsoft (540 Mds$) Amazon (480 Mds$) et Facebook (440 Mds$). Quand Apple a supplanté Exxon à l’été 2011 pour devenir la première valeur mondiale, le groupe valait 340 Mds$, Microsoft 210 Mds$ ou encore Google 140 Mds$…

Difficile, dans ces conditions, de ne pas s’inquiéter d’autres données publiées par l’ARCEP. Concernant l’intégration du numérique par les entreprises françaises ceux-là : si 99% d’entre elles déclarent disposer d’une connexion à internet dans une étude réalisée par l’IFOP pour l’Autorité, elles ne sont que deux tiers à disposer d’un site Web (67%) et moins de trois sur dix (28%) à être présentes sur un réseau social. En bonne logique, « de nombreux services restent peu utilisés : campagnes d’e-mailing (28 %), e-commerce (23 %), visioconférence (20 %), diffusion de contenus audiovisuels sur des plateformes en ligne (16 %) et utilisation du cloud (12 %) ». Et ce retard est loin d’être le seul fait des PME. Dans l’étude qu’elle a consacré à « L’empreinte digitale des banques française », l’agence de notation numérique D-Rating relevait par exemple en mai qu’une sur six ne s’était toujours pas dotée d’un site adapté à la consultation sur mobile…

Et raison de plus, à l’inverse, pour saluer les annonces des Echos ce mercredi matin : rachat de Netexplo, lancement d’un nouveau magazine (print et numérique), The Innovator, partenariat avec Linkedin… Les nouveaux services – au titre desquels également Viva Tech – pèsent désormais 35% du chiffre d’affaires du groupe. Jusqu’à rendre minoritaire la contribution des activités de médias, s’inquiétait Le Monde « Nous l’assumons, mais la diversification n’existerait pas sans notre activité de médias. C’est vertueux », répond son PDG Francis Morel. Le terme « pivot » figure bien, de longue date, dans le Petit Larousse comme dans le Petit Robert !

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