Quand la France mise sur l’intelligence artificielle

En termes d’intelligence artificielle, la France dispose d’un vaste écosystème de start-up et de centres de recherche, d’autant plus vivant qu’il est l’objet d’un plan stratégique spécifique du gouvernement et qu’il a permis de faire éclore plusieurs « success stories ».

#FranceIA, plan stratégique pour développer l’intelligence artificielle

  • En janvier 2017, Axelle Lemaire, alors Secrétaire d’Etat au numérique et à l’innovation, présentait France IA, un plan stratégique national pour accompagner le développement de l’intelligence artificielle en France. A peine deux mois après ce lancement, les 17 groupes de travail de ce plan proposaient une première série d’une cinquantaine de recommandations articulées autour de 3 axes :
    Le soutien à la recherche en amont autour de l’intelligence artificielle via des structures dédiées, l’association des industriels et la formation
  • L’aide au développement des start-up via la détection et le soutien des talents entrepreneuriaux ainsi que la facilitation des investissements dans les sociétés d’IA (défiscalisation, fonds d’investissement…)
  • L’accompagnement dans l’adoption des technologies par le grand public via l’information, la transparence, en apportant également les garanties sur l’utilisation des données.

Ainsi, directement à la suite de ce rapport, France IA a souhaité accompagner 2 initiatives. D’une part, la création d’un observatoire de l’Intelligence Artificielle en France , qui recense l’ensemble des acteurs, notamment de la recherche. D’autre part FranceIsAI.com, une plate-forme d’échanges pour accélérer le mouvement autour de l’IA créée par le fonds d’investissement Isai.

Un secteur extrêmement dynamique

Au 19 juillet 2017, l’Observatoire de L’Intelligence Artificielle recensait 542 structures dédiées dont 307 entreprises et 235 équipes de recherche. De son côté FranceIsAI, concentré sur les start-up, annonce plus de 250 entreprises autour de l’Intelligence artificielle créées depuis 2000. Le site intègre de plus les levées de fonds et rachat de sociétés françaises par des groupes.

Une grande variété de secteurs
Les start-up françaises sont non seulement actives sur l’ensemble des domaines de l’intelligence artificielle (machine learning, voice recognition…), mais aussi sur un grand nombre de secteurs d’activité : de la publicité au transport, en passant par la distribution et la santé

Des levées de fonds importantes

Le site franceisai indique ainsi des investissements de plus de 566,9 millions de dollars pour 83 des sociétés recensées dans des domaines très divers, ainsi les 4 plus importantes levées de fonds sont :

  • Algolia (74,22 M$ dont 53 M$ en juin 2017) propose un moteur de recherche pour les entreprises entièrement paramétrable .
  • Navya (38,02 M$) : un véhicule autonome 100% électrique
  • Sophia Genetics (28,75 M$) qui permet une aide au diagnostic médical
  • Alkemics (27,6 M$) plateforme spécialisée dans le retail dédié aux relations entre fabricants et distributeurs

 

Plusieurs rachats ces dernières années

Ces levées de fond ont permis de créer de véritables success stories : comme c’est le cas pour Algolia, Alkemics ou encore LinkFluence. Cette dernière est parmi les leader mondiaux de la social intelligence et qui compte plus de 300 clients, dont des grands comptes comme Danone, Sanofi, Orange ou encore McDonald’s. Cependant, plusieurs sociétés françaises ont fait l’objet de rachat par des grands groupes ces dernières années :

  • Zenly, réseau social géolocalisé, a été racheté par SnapChat en mai 2017 pour un montant estimé entre 250 et 350 M de Dollars. Zenly sert notamment de base technologique à la nouvelle fonctionnalité Map de SnapChat, lancée en juin 2017.
  • En 2015, Priceline, maison mère de Booking.com, a mis la main sur Price Match, spécialisée dans le yield management hôtelier (pour un montant estimé entre 15 et 50 M €). Cette même année, le géant américain de la relation client Zendesk avait acheté la start-up montpelliéraine Bime Analytics pour 45M de dollars. La société, toujours basée dans le sud de la France est devenue Zendesk France en mai 2017.
  • Google, quant à lui a choisi en juillet 2016 de racheter MoodStocks afin d’accélérer ses développements dans la reconnaissance d’objets.