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Marché Vidéo : vers un équilibre physique – numérique

Les chiffres du marché vidéo français sont désormais connus pour le premier semestre 2017. Le baromètre de la vidéo physique CNC-GfK fait état d’un nouveau recul marqué des ventes de DVD et de Blu-ray à -14%. Dans le même temps, le baromètre digital GfK-NPA confirme la dynamique de croissance des modes de distribution numérique avec une hausse de CA de 10%. Un rythme de croissance encore insuffisant pour permettre au marché d’atteindre l’équilibre dans son ensemble (-5%) mais qui confirme le rapprochement à venir entre les deux courbes : le numérique compte dorénavant pour 43% des revenus vidéo, contre 37% un an plus tôt.

Recul du marché vidéo de 5% au 1er semestre 2017, à 413 M€

Les ventes de supports vidéo physique s’établissent à 235 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année 2017, en recul de 14% sur un an. Dans le détail, le format DVD est le plus impacté avec une baisse de 16% à 172 M€, contre -8% pour le Blu-ray à 63 M€. Une tendance baissière qui se retouve en volume avec des ventes en recul de 15% sur la période avec 30 millions d’unités écoulées, dont 25 millions de DVD (-16%) et 5 millions de Blu-ray (-10%).

Dans le même temps, les modes de distribution numérique confirment leur dynamique de croissance avec une hausse de 10% de leurs revenus sur le premier semestre 2017. Tous les voyants sont au vert puisque les trois composantes du marché enregistrent une progression de leur chiffre d’affaires sur la période : location à l’acte (+6%), téléchargement définitif (+9%) et vidéo à la demande par abonnement (+15%). Au total, la vidéo numérique génère 178 M€ de recettes sur la première partie de l’année.

Au cumul des univers physique et dématérialisé, le marché vidéo totalise 413 M€ de revenus, soit un CA en recul de 5% par rapport à la même période un an plus tôt.

Bilan du marché vidéo / CA en M€ – 1er semestre 2017

Sources : CNC, GfK, NPA Conseil

La SVoD, un relais de croissance dont les contours restent difficiles à dessiner

Publication après publication, la SVoD confirme son rôle de locomotive de l’univers vidéo numérique. Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du segment s’établit à 61 millions d’euros (x3 en 2 ans), soit seulement 2 M€ de moins que le format Blu-ray qu’il devrait dépasser d’ici fin 2017. Dans le sillage du lancement de Netflix dans l’Hexagone fin 2014, l’ensemble du marché français s’est structuré pour donner naissance à de nouvelles offres (SFR Play, Tfou Max, Afrostream, INA Premium, UnCut, Tënk, Outbuster, Studio+, Blackpills…) et renforcer les services existants (Canalplay, FilmoTV, LA BOX videofutur…). Une montée en puissance qui a permis d’initier le grand public aux offres de vidéo à la demande par abonnement, de généraliser les usages et d’enclencher une réelle dynamique de croissance.

La lecture du marché SVoD reste cependant complexe, les plates-formes concernées ne publiant aucune information quant à leur parc d’abonnés ou leur niveau de revenus. Si Reed Hastings, le patron de Netflix, a récemment affirmé que son service avait franchi le cap du million et demi d’abonnés en France[1], le reste du marché souffre d’un manque de lisibilité chronique. Parmi les plates-formes généralistes, Vivendi a cessé de communiquer le nombre de clients de Canalplay depuis son intégration au sein des nouvelles offres Canal (614 000 abonnés au 30 juin 2016). Quant à SFR, l’opérateur revendique près de 2 millions d’abonnés[2], faisant de SFR Play le service leader du marché, sans qu’il soit toutefois possible d’évaluer le nombre effectif d’utilisateurs (l’offre SVoD étant incluse dans les abonnements premium de l’opérateur). Il en va de même pour Amazon Prime et son service de streaming vidéo, arrivé fin 2016 sur le marché français et dont la taille du portefeuille d’abonnés demeure inconnue dans l’Hexagone (parc de 85 millions d’abonnés Prime estimé aux États-Unis[3]). Une absence de communication officielle qui, si elle empêche de disposer d’une estimation précise et régulière du marché SVoD en France, n’enlève toutefois rien à la dynamique de croissance observée.

Vers un équilibre physique-numérique à l’horizon 2018

Le numérique compte désormais pour 43% des revenus vidéo, contre 37% un an auparavant. Sans surprise, le marché vidéo physique devrait poursuivre son déclin ces prochaines années, avec des baisses comprises entre    -10% et -15%, jusqu’à l’atteinte d’une nouvelle taille critique comme pour le marché de la musique enregsitrée avant lui. Porté par le modèle de la consommation à l’acte et surtout celui de la vidéo illimitée par abonnement, le marché numérique devrait quant à lui maintenir son rythme de croissance et dépasser pour la première fois son pendant physique dans la structure du chiffre d’affaires vidéo à l’horizon 2018. L’industrie devrait alors assister à une inversion des courbes salutaire qui devrait permettre au marché dans son ensemble de renouer avec une croissance qui lui échappe depuis près de sept ans.

Répartition du CA Vidéo par mode de distribution / %Valeur – 1er semestre 2017

Sources : CNC, GfK, NPA Conseil

[1] Variety : Netflix CEO Boasts 1.5 Million-Plus Subscribers in France, Vows to Invest More in Local Film, TV

[2] SFR : Altice lance sa nouvelle plateforme 360° cinéma et séries autour de sa nouvelle chaîne Altice Studio et de SFR Play

[3] Business Insider : Amazon has around 80 million reasons to be excited for Prime Day

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