La BBC a publié le 5 mars sa réponse officielle au Livre vert (Green Paper) du gouvernement, publié en décembre 2025, qui présentait ses différentes options pour repenser le financement et le fonctionnement du groupe après l’expiration de la Charte royale décennale actuelle, le 31 décembre 2027. Le document de 118 pages, nommé « A BBC for All », insiste notamment sur la nécessité de réformer le modèle de financement, pointant un système de redevance perdant de son « universalité » — seuls 80 % des ménages britanniques la paient — alors que les missions du média de service public britannique continuent de la promouvoir.
Au même moment, en Allemagne, dont le financement de l’audiovisuel public est basé sur une contribution obligatoire par foyer, le KEF, organe indépendant, a recommandé de la porter à 18,64 € par mois à partir de 2027, au lieu de 18,36 € actuellement. Reste à savoir si les Länder appliqueront cette recommandation.
Le 9 mars, enfin, la Suisse, qui suit un modèle de financement similaire, a vu sa population rejeter par référendum l’initiative « 200 francs, ça suffit ! » à 61,9 % des voix. Portée par l’UDC (droite nationaliste) et l’Union suisse des arts et métiers, cette initiative visait à réduire la redevance de 335 à 200 francs par an pour les ménages (1 franc suisse valant environ 1,09 €), et à en exempter totalement les entreprises. La redevance sera néanmoins abaissée à 300 francs d’ici 2029, conformément au contre-projet de compromis du Conseil fédéral.
Les discussions autour de la réforme du système de financement de la BBC s’intègrent dans une tendance plus large, en Europe, à adosser le financement de l’audiovisuel public au budget général de l’Etat, là où le nombre de territoires usant encore d’un système de redevance tend à se réduire. Ainsi, les chiffres de l’UER nous montrent que le poids de la redevance a considérablement baissé au cours des dix dernières années, passant de 64,7 % des financements de l’audiovisuel public en Europe en 2014, à 44 % aujourd’hui (−20 pts). La redevance est de plus en plus souvent remplacée par d’autres mécanismes de financement public, notamment en France et dans les pays nordiques : les financements issus du budget de l’État s’élèvent désormais à 11,1 Mds€ en 2024 et représentent plus d’un quart (26,7 %) des financements des PSM, soit deux fois plus qu’il y a dix ans (12,6 %).
