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4 raisons de ne pas croire à l’avenir de la télévision… selon BVA

« Un français sur deux juge que la télévision a encore un avenir par rapport à Internet », annonçait ce samedi 28 octobre « l’observatoire de la vie quotidienne BVA-Presse régionale-Foncia ». L’affirmation a l’avantage de la simplicité. Elle en a aussi les limites… jusqu’à la caricature. Ce sondage est assez proche au final de cumuler l’ensemble des biais parfois reprochés aux études d’opinion… et de nourrir par la même le scepticisme à l’égard de « l’industrie sondagière » :

  • Les marges d’erreur découlant d’un nombre trop limité d’interviewes

Pour cet « observatoire », BVA indique avoir interrogé 1103 personnes de 18 ans et plus. « Dans le cas d’un échantillon de 1 103 personnes, pour un pourcentage obtenu par enquête de 20%, la marge d’erreur est égale à 2,5. Le pourcentage a donc 95% de chance d’être compris entre 17,5% et 22,5% », poursuit-il. De même, il oscille donc entre 3,6% et 6,4% pour un résultat à 5% (marge d’erreur de 1,4) et entre 8,2% et 11,8% pour un score de 10% (1,8).

L’impact en est particulièrement remarquable pour la question sur les taux d’abonnement à la SVoD : 8% s’agissant de Netflix et 6% pour CanalPlay, d’après BVA. Donc des fourchettes 6,5/9,5% pour le premier et 4,6/7,4% pour le second, qui relativisent la portée de l’information. Et des chiffres qui résistent mal, surtout, quand on les compare aux données communiquées par les opérateurs : 1,5 millions d’abonnés pour Netflix à mi 2017, selon son PDG Reed Hastings, contre 1,9 à 2,7 millions en extrapolant les chiffres de BVA aux 28,5 millions de foyers français ; et plus encore 1,3 à 2,1 millions pour CanalPlay selon BVA, versus 614 000 à l’été 2016 d’après Vivendi, dans sa dernière communication publique sur le sujet.

Les (trop) petits échantillons résistent mal, décidément, à la fragmentation et à la complexification du paysage audiovisuel.

  • Les réponses induites par la question

Dans son « analyse détaillée » du sondage, BVA indique que « sept des dix séries françaises préférées des Français sont des séries policières », après avoir demandé aux personnes interrogées de se prononcer sur une liste comportant… 13 séries policières sur 19 soumises au choix.

  • L’absence de recul par rapport au biais déclaratif

S’agissant des genres de programmes préférés par les Français, BVA ne juge pas utile de nuancer le tiercé Documentaires (58%), Films (57%), Séries (46%), habitué des sondages mais cadrant mal avec les données d’audience relevées quotidiennement.

  • La recherche de la punchline par une question inintelligible

En pleine vague OTT, BVA a finalement invité les personnes interrogées à choisir entre deux formules : « Internet va remplacer la télévision » ou « la télévision a encore un avenir » …

S’agissait-il d’opposer pure players (Netflix, Amazon…) et acteurs historiques du PAF (TF1, France Télévisions, M6, Canal+) ? d’opposer nouveaux réseaux numériques (fibre, 4G…) et infrastructures historiques (TNT, câble, satellite) ? de mettre face à face Webprogrammes et productions traditionnelles ?… voire de faire challenger le bon vieux « poste de télévision » par des écrans spécifiquement associés à Internet (PC ? smartphones ? tablettes ?) ?

BVA ne le précise pas. P              as plus qu’il n’a envisagé un avenir dans lequel les acteurs de la télévision utiliseraient – notamment – Internet pour distribuer leurs programmes et interagir avec le public.

Il s’est heureusement trouvé 28% des personnes interrogées pour refuser de se prononcer.

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