Warner Bros. Discovery devrait donc finalement être racheté en intégralité par son premier prétendant, Paramount Skydance pour un peu plus de 110 Mds$. Les chiffres de l’opération donnent le vertige avec un endettement faramineux de quelques 80 Mds$ et un ratio d’endettement de 6,5x pour le nouveau groupe fusionné, qui le placera sous une pression de remboursement extrême. L’objectif vital est donc de baisser ce ratio à 4,3x immédiatement au moment de la clôture de l’opération en dégageant des synergies qui devront atteindre 6 Mds$ en année pleine au bout de 36 mois. Si la réunion sur une seule plateforme de HBO Max et Paramount+ est actée, Paramount Skydance refuse officiellement la cure d’austérité classique avec des ventes d’actifs, des coupes dans la création ou des plans sociaux massifs. Si le désendettement ne repose pas sur une stratégie de contraction, il devra donc passer par la croissance de la marge. Or, l’activité principale dans la télévision linéaire est en déclin et celle des studios, intrinsèquement aléatoire. Le streaming semble donc le seul levier possible pour atteindre une marge d’EBITDA suffisante, impliquant inévitablement une hausse de prix pour les abonnements et une nouvelle stratégie D2C agressive au détriment des accords de distribution Wholesale existants.
[1] Le chiffre est issu de la présentation aux investisseurs « Paramount Skydance to Acquire Warner Bros. Discovery » faite le 2 mars en visioconférence par David Ellisson et Andy Gordon le directeur financier de PSKY. « Ce montant inclut 12 Mds$ de dette nette existante de PSKY, 15 Mds$ de prêt-relais WBD refinancé, 14 Mds$ d’autres dettes nettes WBD reconduites, 39 Mds$ de dette liée à la nouvelle transaction et les flux de trésorerie nets estimés générés jusqu’à la clôture prévue de la transaction. Il exclut l’impact de l’offre de droits envisagée aux investisseurs existants de PSKY ».
