L'édito de Philippe Bailly

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Hauts-les-Cœurs

La rentrée est faite, mais on peine à en sentir l’élan. Et après l’éclipse du mois d’août, on ne sait pas de quel côté attendre le retour de la lumière.

Si la fin de l’été pouvait nous laisser espérer un peu d’accalmie côté météo, la remontée de la chaleur en France, dans le Sud, mais surtout les inondations terribles que subissent le Tibet et le Népal rappellent que le dérèglement climatique ne prend pas de vacances.

Le réchauffement, en revanche, n’est pas de mise sur la scène diplomatique. La guerre en Ukraine approche de son 5e anniversaire, sans marquer la moindre progression vers une issue négociée. Les combats sont moins intenses au Liban ou à Gaza, sans qu’on puisse pour autant parler réellement de cesser le feu. L’Iran comme les Etats du Golfe voient se succéder missiles et promesses d’issue pacifique, mais doivent vivre surtout dans un conflit qui s’installe.

L’économie mondiale en paie le prix et, pour la France, le maintien de prix élevés du pétrole et des produits énergétiques, les tensions sur les taux d’intérêt ou le ralentissement du commerce international s’ajoutent au contexte national de poids écrasant de la dette publique, à l’absence – totale – de consensus sur la façon de le résorber, et moins que le trou d’une souris dans le calendrier institutionnel pour faire avancer d’éventuelles réformes : pas de session extraordinaire du Parlement, au début de l’automne, et des travaux qui devraient être suspendus en raison de l’élection présidentielle dernière semaine de février ou première de mars au plus tard. A peine un trou de souris, donc, si l’on y ajoute les temps de discussions des deux budgets (Etat et Sécurité sociale) …

(Vraiment) pas de grand soir à attendre, donc.

Du côté des ambitions raisonnables, il reste à espérer que les arbitrages sur le financement de l’audiovisuel public soient moins sévères que ce qu’ils ont été ces dernières années. Et qu’une éventuelle nouvelle ponction dans les ressources du CNC soit par exemple compensée en suivant les propositions du député Jérémie Patrier-Leitus sur la réforme de la Taxe sur la vidéo. Réponse le 30 septembre, avec la présentation du Projet de loi de Finances en Conseil des Ministres.

Certains publicitaires tablent sur une légère accélération des dépenses de publicité sur la deuxième partie de l’année, après un premier semestre particulièrement attentiste. Progresser sur le chantier – réglementaire, donc indépendant du temps parlementaire – de la réduction des asymétries réglementaires en matière de publicité et d’expérimentations d’assouplissement des secteurs interdits, soutiendraient, à coup sûr, ce rebond.

Qu’ils s’appellent Canal+, DAZN ou Ligue1+, les éditeurs de services payants spécialisés dans le sport prieront finalement pour que l’adoption de la PPL Lafon sur le sport professionnel et la mise en application rapide de son volet de lutte contre le piratage soutiennent les abonnements de la saison qui démarrent.

A bien chercher, on finit par trouver quelques raisons de rester serein. Et c’est peut-être là l’essentiel, après tout, tant le caractère auto-réalisateur des anticipations n’est plus à prouver.

Hauts-les-cœurs !

edito philippe bailly