L'édito de Philippe Bailly

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Révolution numérique, Acte II

Si la Révolution numérique était une pièce de théâtre, et qu’il fallait en dessiner la structure, la plupart jugeraient certainement que l’acte II en avait débuté il y a bien longtemps déjà :

  • 1999 ? les premières offres haut débit de France Télécom et, au-delà d’une bande passante encore modeste (512 kbps), le confort surtout d’une liaison disponible en permanence, sans avoir à subir la stridence du modem, l’incertitude sur le fait que la liaison « accrochera », et une tarification encore assise sur la durée de connexion,
  • 2003 ? les prémices du Triple Play, ou 2005 ? le lancement de la TNT, et la découverte de l’abondance pour les trois quarts des Français dont le paysage audiovisuel se limitait à 5 chaînes,
  • 2007 ? le premier iPhone, et au-delà, l’émergence du smartphone (le premier appareil sous Android suivra de quelques mois) et l’arrivée au W (Anywhere) d’ATAWAD,
  • 2009 ? la sortie du premier Avatar et le rush – temporaire – vers la 3D ou 2026 ? le record en IMAX pour L’Odyssée et, au-delà, la marche de la production vers le toujours plus grand spectacle,
  • 2014 ? l’arrivée de Netflix en France, et l’accélération du streaming
  • 2016 ? l’affaire Cambridge Analytica, et la prise de conscience de la face du numérique…

Il est beaucoup de dates encore, auxquelles on pourrait penser comme autant de candidats à cet acte II. Et aussi, tout ce qui peine à se raccrocher à un moment précis dans le calendrier :

  • Transformation de l’écran vecteur neutre (les vieux téléviseurs) en places fortes technologiques (les OS) dont le contrôle se partage entre géants américains (Google, Amazon, Apple, Roku), coréens (Samsung, LG) et chinois (Hisense) ;
  • Glissement des usages, fin du zapping P+/P- entre chaînes, navigation dans des mosaïques et éparpillement dans les univers applicatifs ;
  • Fragmentation des audiences, et dérive de la publicité, vers les tenants des nouvelles (sur)puissances et au détriment des acteurs historiques sur lesquels pèsent le financement de l’information et celui de la création ;
  • Sentiment que le transfert progressif du pouvoir de réglementation / régulation n’a pas contribué de façon spectaculaire à défendre la souveraineté européenne…

Mais alors pourquoi évoquer aujourd’hui l’acte II ?

De l’anecdotique à l’essentiel, à l’occasion de l’arrivée de NPA Conseil à son 25e anniversaire d’abord, avec la facilité de parer les chiffres ronds d’attributs symboliques !

Nous fêterons ce 25e anniversaire le 2 octobre, avec la sortie d’un livre collectif auxquels de nombreux dirigeants ont accepté d’apporter leur contribution – qu’ils en soient très chaleureusement remerciés – au travers d’une matinée d’échanges et de débat et, finalement, d’un moment purement festif.

Et pour l’essentiel, il y a surtout l’intelligence artificielle. Pour nous propulser vers une réalité nouvelle, dont on sait qu’elle sera porteuse d’un nouveau basculement autant qu’on peine à en cerner les contours, et dont on sait qu’on doit en épouser le mouvement tout en étant conscient qu’on a aussi à en craindre les effets.

Au début du paragraphe précédent, j’ai été tenté d’écrire « l’éléphant dans la pièce ». Mais cette représentation même, pour improbable qu’elle soit, reste plus facile à visualiser que de se projeter à l’horizon 2050, dans l’univers que l’IA aura modelé.

Je souhaite à ceux qui m’auront succédé, de maintenir alors à NPA la curiosité et l’envie de donner à nos clients le quart d’heure d’avance qui change tout, dans un monde en bouillonnement permanent.

C’est l’occasion de remercier tous ceux, clients, partenaires, collaborateurs, fournisseurs… qui ont accompagné ces 25 premières années.

Un très grand merci.

PS : Le 2 octobre Isabelle Repiton et Bruno Barbier ne seront pas des nôtres. Isabelle a travaillé au sein de l’équipe NPA. Bruno en a été un partenaire. Tous deux nous ont quitté ces derniers jours. Beaucoup trop tôt. Je pense à eux et à leurs proches.

revolution numerique acte 2