Le sujet de la recomposition du paysage audiovisuel français est revenu au cœur de l’actualité le 6 juin 2026, avec un article du Parisien évoquant des discussions confidentielles réunissant TF1, M6, son actionnaire de contrôle RTL Group et le groupe CMA CGM (CMA Media), qui en détient 11,08 %.
Alors que le projet présenté en 2021 prévoyait que TF1 reprenne l’ensemble du groupe M6, le schéma actuellement en discussion aboutirait à un partage : d’après Le Parisien, TF1 récupérerait notamment, la chaîne M6, CMA Media reprendrait W9 ainsi que la plateforme M6+. Les marchés ont salué cette perspective de recomposition : l’action M6 a bondi de près de 12 % entre le vendredi 5 au soir et le mardi 9 après midi, et le titre TF1 a pris environ 3 %.
Si l’on retient l’hypothèse du Parisien (reprise de la chaîne M6 par TF1), W9, 6ter et Gulli allant à CMA Media, le nouveau périmètre du groupe TF1 aurait totalisé 34,7 % de part d’audience sur l’ensemble du public 4+ au premier trimestre 2026.
Et sur la base des résultats de 2025, ses revenus auraient frôlé les 3 Mds€, et ceux de CMA Média dans son nouveau périmètre audiovisuel (hors Brut) au moins un milliard d’euros.
L’opération – si elle est confirmée – n’en restera pas moins soumise à une double contrainte : l’agrément de l’Autorité de la Concurrence, alors que cette dernière avait fait échouer le rapprochement prévu en 2021, et celui de l’Arcom, au regard des différentes dispositions de la loi de septembre 1986.
La « clause des 5 ans » prévue à l’article 42-3, et qui interdit à l’Autorité d’agréer une modification de contrôle d’une société titulaire d’une autorisation TNT dans les cinq ans suivant sa délivrance, est la plus bloquante.
Le Sénat s’est employé à en proposer l’assouplissement lors de l’examen de la proposition de loi Lafon, dans les deux versions successives de l’article 12 qu’il a adopté. Mais la discussion du texte (qui prévoit également la création d’une holding regroupant l’ensemble de l’audiovisuel public) n’est pas allée à son terme à ce stade.
La loi de 1986 limité également à sept le nombre de fréquences de la TNT nationale qu’un même acteur peut contrôler, et elle plafonne à 49 % la part du capital qu’il peut détenir, s’agissant des chaînes dont la part d’audience est supérieur à 8 %.
