Plus qu’une approche purement dialectique ou, à l’inverse, le simple enchaînement d’annonces anecdotiques, Webedia-Eléphant a développé ce 28 mai une vision structurée et précieuse, d’un rapprochement des médias et de la creator economy qui s’inscrit chaque jour un peu plus à l’agenda des professionnels.
Par l’accolement même de ses deux patronymes, le groupe se trouve à la charnière des deux univers, et il apparaît comme naturellement positionné pour imaginer les passerelles, tisser les liens, développer la « production convergente », selon le néologisme inventé par ses équipes. Et avec la capacité de relever le défi de la scalabilité : grâce à sa présence sur trois continents, il totalise 380 millions de visiteurs uniques chaque mois dans le monde.
Finalement, Webedia-Eléphant est « le seul acteur capable de réunir, sous un même toit (…) le talent, la production, l’événement, la communauté et la diffusion », soulignait Christian Bombrun lors de l’Aftershow organisé par le groupe au Théâtre Marigny.
Mais tirer pleinement parti de ce positionnement central suppose de casser les silos, et de relever un double enjeu organisationnel et managérial : « Il y a encore un an, nous avions plusieurs maisons, poursuit le PDG : Webedia, pionnier européen des médias numériques, du social, de la creator economy, et Elephant, groupe de production indépendant ultra-reconnu sur l’information, la fiction, le flux et le documentaire ».
Dans sa nouvelle position de VP Content, Emmanuel Chain apporte une vision totalement transverse qui garantit, selon ses propres termes « de savoir connecter celui qui fait dix secondes de vidéo verticale et celui qui produit un documentaire de prime time ». Et la réunion des ADN s’illustre encore avec l’exemple de la cellule dédiée à la production verticale, Shortcut, dont l’animation a été confiée à la directrice générale d’Eléphant International Sabrina Ouaiss, dont la première réalisation, le Magasin, a été commandée par l’une des plateformes digitales de France Télévisions, Slash, et à laquelle ont participé comme guests de multiples créateurs de contenus liés au groupe (LeBouseuh, Just1 Bisou, Tatiana, Enjoy Phoenix…).
Derrière la volonté de s’affirmer comme « une Production et Technology Company », c’est évidemment aussi la capacité à accommoder l’IA qui se trouve au cœur. Dans l’ensemble des dimensions de l’entreprise. Les trois partenariats annoncés (avec Google, Luma AI, et Eleven Labs), la création d’un « espace physique dédié » et le lancement d’un « créator program » doivent permettre de répondre aux principaux défis : accompagner les créateurs dans la prise en main des technologies de création assistées par IA, et disposer d’un espace de production bénéficiant des solutions de pointe… L’ensemble étant placé sous une bannière « Human After All » (HAA) rassurante sur les risques d’éviction par la technologie, et sur les garanties associées sur une utilisation éthique de l’IA.
L’autre facette de la technologie, l’activation de la data comme levier de monétisation sera pour cette fois restée en mineur. Sur ce terrain, le groupe capitalise doublement sur son ADN digital native. En termes de culture de ses équipes, et sa régie WBX est en mesure d’optimiser l’intégration des marques aux contenus, sans supporter les pesanteurs et interdits auxquels sont soumis les broadcasters. Avec la capacité croissante d’accompagner les annonceurs sur l’écran du salon grâce à la CTV. Voire de se faire une place dans les plans de service des opérateurs. Les lignes, décidément, sont en train de s’effacer.
