L’administration Trump s’oppose au projet britannique sur la visibilité des médias en ligne
Dans une note publiée le 2 septembre sur le site de l’ambassade des États-Unis à Londres, l’administration Trump s’oppose fermement au projet britannique de renforcer la visibilité des médias de service public sur les plateformes en ligne.
La note est une réponse à la consultation publique « Watch This Space : A new strategic direction for UK media » (Insight NPA #1216), lancée le 23 juin dernier par le ministère britannique de la Culture, des Médias et du Sport (DCMS). Un des principaux objectifs est de contraindre les plateformes comme YouTube et TikTok à mieux mettre en avant les contenus des médias de service public (dont les groupes PSB – BBC, ITV, Channel 4 et Channel 5) dans les flux et résultats de recherche des utilisateurs, afin de refléter l’évolution des usages et de contrer la désinformation.
Le gouvernement américain avance trois axes de critique :
- Un risque pour la liberté d’expression, puisqu’un mécanisme permettant à un gouvernement de désigner les médias « fiables » pourrait, selon Washington, dériver vers une « censure fondée sur le point de vue » et pénaliser les journalistes indépendants ;
- Un effet extraterritorial, la plupart des plateformes concernées étant des entreprises américaines, ce qui pourrait selon l’ambassade affecter la manière dont les Américains eux-mêmes utilisent ces services ;
- Des préoccupations économiques, avec la crainte de charges de conformité disproportionnées pour les entreprises américaines et un risque pour la réputation britannique en matière d’innovation.
Washington demande explicitement au Royaume-Uni de retirer tout projet imposant aux plateformes une amplification algorithmique de la visibilité des médias soutenus par l’État, et pose une série de questions à intégrer à la consultation : notamment, quels critères précis serviront à déterminer si un média est suffisamment « fiable » ? Qui sera habilité à prendre ces décisions, comment un média pourra-t-il faire valoir sa fiabilité, ces critères seront-ils rendus publics, et un mécanisme de recours sera-t-il prévu pour les médias exclus ?
Cette position reprend des critiques déjà exprimées par YouTube dont le vice-président EMEA Pedro Pina avait dénoncé lors du Festival de la télévision d’Édimbourg une forme de « mise en avant forcée » nuisible aux créateurs de contenu.
Lire la note sur le site de l’ambassade des États-Unis
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