L'édito de Philippe Bailly

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Après le Sommet Lumière, que fait déjà la France pour le cinéma et l’audiovisuel ?  

Le Sommet Lumière a été l’occasion pour Emmanuel Macron d’affirmer son souhait de mettre en place « un avenir créatif plus riche » (v. Daily du 7 septembre). La France et la Corée y ont annoncé la mise en place d’un nouveau fonds de soutien international d’un milliard d’euros alimenté pour moitié par la France (Bpifrance) et pour moitié par la Corée. M. Macron a souligné qu’une opposition existait entre la consommation de vidéos peu ou pas créatives d’un côté et les formes d’images animées vertueuses (cinéma, séries et jeux vidéo), de l’autre. Les plateformes de partage de vidéos et leurs vidéos récréatives visant à susciter de l’engagement et du clic sont ciblées comme une consommation contre laquelle les œuvres doivent se battre pour exister. Cette présentation est probablement un peu rapide et manichéenne. On note que les SMAD, les chaînes de télévision, les salles de cinéma ou les salles de spectacles font de plus en plus de place aux créateurs de contenus s’épanouissant sur les PPV, et que le cinéma, les jeux vidéo, la télévision et les SMAD ont tour à tour et selon les époques été dénoncés comme véhiculant une forme de sous-culture abrutissante et dangereuse. Il est néanmoins intéressant et nécessaire, face à la logique développée par le Président de la République lors de ce sommet, de rappeler les fondamentaux de nos systèmes de financement visant à faciliter le maintien d’une création d’images animées de qualité dans notre pays :

  • 877,5 M€ de rendement en 2025 pour les taxes qui alimentent le compte de soutien du CNC, et 772,4 M€ distribués en 2025 contre 696,4 M€ en 2019 ;
  • 95,3 M€ d’aides locales à la production en 2025, en légère hausse de 0,85 % par rapport à 2024 ;
  • Les investissements des éditeurs de services en hausse considérable depuis 2021, grâce à l’application des obligations d’investissement aux SMAD, de 1,235 Md€ en 2020 à 1,610 Md€ en 2025 ;
  • Plus de 1,5 Md€ de dépenses en France générées par le crédit d’impôt pour les productions nationales, pour un coût fiscal de 225 M€ ;
  • 402 M€ de dépenses pour un coût fiscal de 97 M€ s’agissant du crédit d’impôt international ;
  • 42,4 M€ d’apports des SOFICA.

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