Golf indoor avec la TGL, explosion du padel depuis la fin des années 2010, intégration du basket 3×3 aux JO depuis Tokyo 2020, foot à sept avec la Kings League : la création et le gain de popularité de déclinaisons de sports traditionnels se multiplient, dans des formats plus rapides et plus ludiques, portées par la recherche d’un public plus jeune et digital-native. Si plusieurs d’entre elles ont trouvé le chemin des diffuseurs historiques, leur pérennité dépend surtout de leur adossement aux instances en place et de leur solidité financière.
Début novembre, RTL Deutschland et TMRW Sports (la société créée par les golfeurs Tiger Woods et Rory McIlroy ainsi que Mike McCarley) ont prolongé « pour plusieurs années » l’accord de diffusion de la TGL en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Les matchs restent sur Sky Sport et l’offre WOW. L’accord s’étend également désormais à la WTGL, déclinaison féminine disputée par des joueuses de la LPGA, dont la première rencontre est programmée le 8 novembre sur Sky Sport Golf. La TGL, créée par TMRW Sports en partenariat avec le PGA Tour en août 2022 (organisme qui administre le principal circuit professionnel masculin de golf en Amérique du Nord), est une ligue de golf indoor et par équipe sur simulateurs numériques géants, dans une ambiance très différente du golf traditionnel, avec du bruit, de la musique, des micros sur les joueurs et un écran géant. L’objectif étant de rendre plus « divertissant » un sport souvent jugé rebutant par les jeunes publics.
Pour Sky Deutschland, l’un des principaux acteurs de la TV payante en Allemagne, passé sous le contrôle de RTL en juin 2026, conserver ces droits était d’autant plus important que Sky a perdu au profit de MagentaTV (Deutsche Telekom), de janvier 2026 à fin 2029, ses droits sur le PGA Tour et le DP World Tour, ainsi que sur la Ryder Cup. Sky Sport Golf conserve toutefois les quatre majeurs et a ajouté le LIV Golf. Programmée en soirée de décembre à mars, la TGL vient ainsi compléter une grille amputée de ses circuits réguliers.

Mais la tendance dépasse largement le golf. Pour les ligues/fédérations comme pour les diffuseurs, l’enjeu est de renouveler leur public et de s’adapter aux usages du numérique : extraits sur les réseaux sociaux, concurrence des créateurs et des jeux vidéo pour l’attention des jeunes générations, attrait pour l’interactivité… D’où la multiplication, ces dernières années, de disciplines dérivées de sports « traditionnels », misant sur des formats accélérés, plus ludiques, et faisant la part belle aux nouvelles technologies. Ces diversifications prennent différentes formes selon leur structure et leur économie : les ligues et fédérations déclinent leurs disciplines dans des formats plus rythmés et adaptés aux usages du digital, des entrepreneurs, des streamers ou d’anciens champions lancent leurs propres compétitions, et certains projets associent les deux. Trois familles semblent ainsi se distinguer : les « déclinaisons » portées par les instances, les formats hybrides construits avec elles, et les compétitions nées hors du système sportif traditionnel. Leur rapport aux diffuseurs diffère nettement de l’une à l’autre.
