Dans nos métiers, l’avenir commence toujours par une histoire que personne n’a encore racontée. À quoi ressemblera notre paysage culturel en 2050 ? Il serait présomptueux de vouloir le décrire avec certitude. Il y a vingt-cinq ans, peu d’entre nous auraient imaginé la place prise aujourd’hui par le streaming, les réseaux sociaux ou les créateurs de contenus. Une conviction peut néanmoins nous guider : les technologies continueront de bouleverser les usages et les modèles, mais notre capacité à créer des histoires, des personnages et des émotions qui rassemblent restera essentielle.
La révolution numérique n’est pas derrière nous. Son deuxième acte commence à peine. L’intelligence artificielle transformera profondément la manière dont les contenus seront imaginés, produits, distribués et recommandés. Les frontières entre cinéma, télévision, streaming, sport, jeu vidéo et réseaux sociaux continueront de s’estomper. En 2050, le public choisira moins un écran qu’une expérience.
Une expérience plus fluide, plus personnalisée et plus interactive. Les spectateurs voudront prolonger les univers qu’ils aiment, dialoguer avec les contenus, les vivre sur plusieurs supports et parfois même contribuer à leur évolution. La technologie rendra cela possible. Mais elle ne remplacera jamais ce qui fait la valeur d’une œuvre : une vision créative, une émotion authentique et un regard singulier sur le monde.
Dans cet univers d’abondance, le véritable défi ne sera plus seulement de créer des contenus mais de leur donner du sens. Le rôle de curation deviendra donc essentiel. Aider les publics à découvrir des œuvres, faire émerger les talents, mettre en lumière des points de vue différents et construire un lien de confiance sera l’une des responsabilités majeures des acteurs du divertissement.
Cette responsabilité implique également de défendre la diversité de la création. L’histoire récente a démontré qu’il n’existe pas d’opposition entre rayonnement mondial et création locale. Au contraire, les deux se renforcent mutuellement. Les technologies ont supprimé les frontières de la distribution mais elles ont accru la valeur des histoires authentiques, des identités culturelles et des talents capables de porter un regard original sur leur époque.
À l’horizon 2050, la souveraineté culturelle se mesurera moins à la capacité de protéger des frontières qu’à celle de faire émerger les créateurs, financer les œuvres ambitieuses, protéger la propriété intellectuelle et permettre aux histoires locales de rencontrer un public mondial. C’est un enjeu collectif pour toute notre industrie.
Dans cet avenir toujours plus numérique, une autre conviction nous anime : l’expérience physique conservera une valeur irremplaçable. Les salles de cinéma, les spectacles, les événements et tous les lieux où l’on partage des émotions ensemble continueront d’occuper une place essentielle. Plus les usages seront individualisés, plus le besoin de vivre des expériences collectives gagnera en importance.
Chez Disney, nous croyons depuis toujours à la force universelle des histoires. Notre responsabilité est de continuer à travailler avec les plus grands créateurs, aux profils et aux sensibilités les plus variés, afin de raconter des histoires capables de parler à toutes et à tous. Les technologies évolueront, les modèles se transformeront, mais si nous savons placer la créativité, la confiance et l’expérience humaine au cœur de nos choix, alors les vingt-cinq prochaines années pourront être encore plus riches et plus inspirantes que les précédentes.
Dans les années qui viennent, il faudra plus que jamais faire preuve de responsabilité mais aussi d’optimisme car les plus belles histoires restent celles qu’il nous reste à écrire.
Hélène Etzi
Présidente, The Walt Disney Company France
