Les éditeurs de services audiovisuels ont compris depuis plusieurs années que l’accès à leurs services et aux contenus qu’ils proposent est un élément fondamental pour leur survie à long terme. Cette question de la facilité d’accès aux services ne se posait pas lorsque la seule manière d’accéder à un service audiovisuel était une antenne de télévision posée sur le toit de chaque foyer français et que l’offre se résumait à quelques chaînes, accessibles uniquement sur un poste de télévision généralement situé au milieu du salon familial. La numérisation a permis la multiplication des services (chaînes, replay, SMAD par abonnement ou à l’acte, plateformes de partage de vidéos) tout en permettant aux spectateurs de s’affranchir de leur poste de télévision. Aujourd’hui les services audiovisuels sont accessibles depuis n’importe quel appareil connecté, dont les plus petits peuvent tenir dans une poche de pantalon, et dans de multiples configurations (distribution via un distributeur câble ou satellite, un FAI, accès direct en OTT ou via un agrégateur…).
Le risque est que certains distributeurs de services au sens large[1] puissent avoir une sorte de droit de vie ou de mort sur un service ou ses programmes en les mettant en avant auprès de ses utilisateurs ou, au contraire, en les invisibilisant complètement. Notons que la mise en avant d’un service n’est parfois même pas dictée par la présence dans une interface, mais d’un accès direct préprogrammé dans une télécommande.
Dans ce contexte, l’ACT (Association of Commercial Television and Video on Demand Services in Europe) et les grands syndicats européens de diffuseurs réclament que le Digital Market Act (DMA) de l’UE soit appliqué à plusieurs gestionnaires de système d’exploitation d’appareils connectés. Au-delà du DMA, la directive SMA a également, lors de sa dernière réforme en 2018, ouvert la possibilité de mettre en avant les services d’intérêt général dans les Etats qui le souhaitent. Les résultats restent assez maigres pour le moment et ne concernent qu’une partie des services existants.
Au final, le juste accès aux services et programmes audiovisuels en ligne est une vraie question qui allie des enjeux tant culturels que commerciaux. Face à l’importance de ces enjeux, le développement de règles spécifiques pourrait être imaginé.
