Il est rare qu’un rapport parlementaire soit aussi attendu et suscite autant de commentaires… avant même sa publication. Le rapport de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, dit rapport Alloncle du nom de son rapporteur (Charles Alloncle, UDR), a été publié le 5 mai. Le document de 551 pages (422 sans les annexes) contient 69 propositions du rapporteur visant à « recentrer » l’audiovisuel public « sur ses missions essentielles que sont l’information, la culture, la transmission », conformément à la devise de l’ORTF de 1974 « informer, cultiver, distraire », pour reprendre les mots de son auteur. Le président de la Commission Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) y a ajouté ses propres propositions (40), exprimé ses regrets que celle-cin’ait « pas toujours donné une image à la hauteur du mandat que nous ont confié les Français », et soupçonne de la part du rapporteur la volonté de préparer les esprits à la privatisation[1] des acteurs du service public audiovisuel. Il est peu de dire que le climat d’ébullition qui a prévalu tout au long des 67 auditions (pour 234 personnes entendues) reste de mise. Une analyse dépassionnée des propositions contenues dans ce rapport permet, notamment, d’en évaluer la faisabilité juridique.

Audiovisuel public : pourquoi Charles Alloncle a déjà atteint son objectif
« Ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel ». Il est rare, peut-être même inédit, qu’un Premier ministre commente à chaud le rapport d’une Commission d’enquête